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Nos centres de santé communautaire ont besoin d’un modèle économique renforcé

Par Fabien Maguin, gestionnaire administratif du centre de santé communautaire  » La Case de Santé » à Toulouse

Le paysage des centres de santé voit depuis quelques années de nouvelles créations. Une vague récente est portée par des initiatives de collectivités territoriales. Une autre traduit l’émergence dynamique d’un modèle nouveau, porté par des associations et s’inscrivant dans des démarches en santé communautaire. La première s’inscrit assez clairement dans une logique d’offre de soins sur des territoires sous tension au regard de la démographie médicale. La seconde, cherche en matière d’offre de soins, à construire des réponses adaptées aux situations vécues dans des quartiers populaires, et à soutenir d’autres voies de production de la santé que le curatif.

Du premier caillou jeté dans l’eau, à Toulouse par la Case de Santé, à l’onde de création qui a vu ouvrir successivement la Place Santé à Saint-Denis, le Village 2 Santé à Echirolles, le Château en Santé à Marseille, Santé Commune à Vaulx-en-Velin, et naître des projets similaires à Lorient, Digne-les-Bains, Rennes, Nantes, Montpellier… c’est une histoire d’un peu plus de dix ans à présent. Dix ans dans un contexte de moins en moins défavorable, mais qui ne nous est toujours pas favorable !

Ces projets, portés par des collectifs s’inscrivant dans une histoire coopérative, poursuivent une intention alternative, en matière d’organisation des soins primaires tout comme en matière de gouvernance. Ils partagent des principes et des valeurs qui s’ajoutent à ceux qui rassemblent le mouvement des centres de santé : des principes de santé communautaire qui irriguent leur projet de santé, fonde des choix organisationnels, implique une réorientation des pratiques professionnelles, et invite à une prise de pouvoir des personnes sur leur santé et leurs conditions de vie.

Cette branche dynamique du mouvement des centres de santé apparait souvent bien sympathique, mais l’on mettra plus favorablement en avant telle municipalité voire tel conseil général à l’appui du développement des centres de santé. Encore plus si leur majorité politique est de droite, gage que ce modèle d’organisation des soins primaires est trans-partisan. Levons un peu le voile de sympathie pour s’intéresser vraiment à ce qui se joue avec ces nouveaux modèles de centre de santé. D’autant plus que les récentes décisions de la Préfecture de la Haute-Garonne à l’encontre de la Case de Santé mettent sous pression son modèle économique.

Il faut d’abord pointer que dans ce micro-paysage des centres de santé communautaire, la Case de Santé tient une place particulière. Moins pour l’antériorité de son initiative que pour son rayonnement métropolitain. Une réalité constante depuis plusieurs années : entre un quart et un tiers seulement des usager-e-s qui ont recours à la Case de Santé résident à proximité. Rayonnement métropolitain donc, mais dimensionnement de proximité. Ce dimensionnement c’est d’abord notre choix. Celui de proposer des lieux de santé de premier recours qui soient à échelle humaine et ancrés dans leur territoire.

Bien que la Case de Santé affiche la perspective d’ouvrir de nouveaux centres de santé sur son modèle dans d’autres quartiers toulousains, le soutien des pouvoirs publics manque de vigueur. En dépit de son rayonnement, la Case de Santé ne trouve de soutien financier de la part de la Ville de Toulouse qu’à hauteur de 1.2% de son budget, et de la part de Toulouse Métropole à hauteur de 0%… Nos demandes de réunion de travail avec les instances municipales et l’ARS Occitanie sur la question de la mobilisation de locaux dans les quartiers populaires pour l’ouverture de nouveaux centres de santé piétinent. Dans le même temps, les demandes émanant de MSP trouvent une oreille attentive et des mètres carrés disponibles. Même si ces MSP ne changeront fondamentalement rien à l’accès aux soins de la population des quartier d’implantation et représentent essentiellement un regroupement d’intérêt professionnel.

Cette situation subie perdure alors même que la Case de Santé a officiellement annoncé avoir atteint un point de saturation en juillet 2018. C’est là que le dimensionnement choisi avec le rayonnement que nous connaissons prend une tournure contrainte.

Comment un centre de santé engagé dans une dynamique de santé communautaire sur un quartier toulousain en est arrivé à tenir une place centrale à une échelle territoriale supérieure ? Le choix initial de s’implanter dans un quartier populaire de centre-ville marqué par une histoire d’accueil et d’usage pour les populations immigrées est un premier élément d’explication. L’intégration dans le projet de santé de l’objectif de cibler les situations d’inégalités sociales de santé et de construire des réponses qui visent à les réduire en est un autre.

Ces deux spécificités ont ouvert le projet de santé de la Case de Santé sur des populations établies sur l’ensemble du territoire toulousain. Mais il faut en ajouter d’autres. La dynamique en santé communautaire, les choix organisationnels visant à s’adapter et à lever les barrières dans l’accès aux soins primaires et aux droits (accueil inconditionnel de bas seuil ; intégration de l’interprétariat téléphonique dans les rendez-vous individuels ; ouverture accélérée de droits à la protection maladie…), et enfin le développement de compétences professionnelles spécifiques ont marqué le développement de la structure sur son territoire et sont autant d’explications à l’élargissement de notre périmètre d’action bien au-delà des limites de notre quartier d’implantation.

L’ensemble de ces réalités nous impose une exigence double dans l’organisation opérationnelle de nos missions. Intégrer le travail social au travail en santé. Diversifier les modes de production de la santé grâce aux interventions d’une équipe de médiation en santé, à l’ouverture d’espaces en santé communautaire, à l’intégration de la prévention et la promotion de la santé dans les pratiques des professionnel-le-s, à l’action directe sur les déterminants sociaux de la santé… Et pour l’ensemble de ce travail pluriprofessionnel il convient de donner du temps en rendez-vous, donner du temps en équipe pour de la coordination, donner du temps aux professionnel-le-s hors des rendez-vous. Et ces éléments sont démultipliés compte tenu de l’effet de concentration des situations les plus complexes du territoire toulousain en un seul et même lieu.

La reconnaissance de la pertinence du positionnement et de l’efficience des réponses apportées est confirmée par les usager-e-s toujours plus nombreuses et nombreux qui s’adressent à la Case de Santé. On comptait 1 450 personnes en 2014, et plus de 3 200 en 2018. Leurs caractéristiques indiquent aussi la place centrale de la Case de Santé : plus de 85% de ces usager-e-s connaissent des situations de vulnérabilité sociales importantes et 90% des usager-e-s sont de nationalité étrangère ; assuré-e-s à la CMUC et bénéficiaires de l’AME représentent 75% de la file active du centre de santé ; et la permanence téléphonique du Pôle Santé-Droits compte plus de 1 000 appels par an de professionnel-le-s pour la coordination des parcours des personnes accompagnées, ou pour des fonctions expertes d’appui…

Incidemment cela dit aussi les difficultés d’une partie des services de droit commun et de leur capacité à organiser une réponse adaptée aux besoins non satisfaits de la population la plus exposée aux vulnérabilités sociales. C’est dans ce contexte, et quelques temps après l’annonce par la gouvernement du lancement du plan Pauvreté, que la Préfecture de la Haute-Garonne a annoncé sa décision de couper tout financement à la Case de Santé.

Pareille décision, pour contestable qu’elle soit sur le fond[i], met en question le modèle économique de la Case de Santé. C’est un moyen de pression dans une tentative de nous voir abandonner l’accompagnement des plus vulnérables. Mais elle questionne profondément les perspectives du modèle de centre de santé communautaire.

Dans le contexte décrit de la Case de Santé, le modèle économique assis uniquement sur la rémunération à l’acte des soins réalisés complétée des rémunérations spécifiques de l’accord national ne peut tenir. Passons rapidement sur le système délétère du paiement à l’acte, il n’a jamais été pensé pour la rémunération d’équipe. L’accord national rénové présente de nombreuses limites pour nos modèles. Calibrage de la file active trop élevé réduisant la part variable de nos rémunérations, plafonnement du coefficient de sur-précarité (à 25%, notre réalité est de plus de 66% !), exclusion des bénéficiaires de l’AME du calcul de la file active, prise en compte des populations vulnérables dans la limite de 2% de la file active (80% à la Case de Santé !), valorisation des soins secondaires en structure de soins primaires alors que le travail social ne l’est pas… il y a de quoi faire progresser cet accord au bénéfice des centres de santé communautaire !

Il y a donc nécessité pour nous de mobiliser des financements sur les missions d’intérêt général assumées par la Case de Santé. Ces financements ne se trouveront pas sur les crédits de la politique de la ville dans la mesure où Arnaud Bernard n’est pas un quartier prioritaire de cette politique, et que la Préfecture, bien qu’une part significative de nos usager-e-s résident en « quartiers politique de la ville », refuse d’en discuter. Ce point corse encore le problème, à la différence de nos collègues des autres centres de santé communautaires.

Ces financements reposent sur les crédits des politiques de santé aux mains de l’ARS Occitanie, et les crédits des politiques sociales et ceux de l’accompagnement des populations immigrées aux mains des services préfectoraux. Côté ARS Occitanie, les discussions multipartenariales de 2014-2015 avaient permis de définir un périmètre contractuel intégrant intelligemment les différents axes de notre projet de santé (du travail pluridisciplinaire intégré au travail social d’accès aux soins et aux droits, en passant par la prévention), le niveau de financement n’a jamais évolué depuis. Or si les moyens sont reconduits, les besoins eux ont augmenté compte tenu de la très forte croissance du nombre d’usager-e-s.

On sait à présent que du côté de la Préfecture de la Haute-Garonne, pour des raisons politiques les crédits visant à la protection des populations vulnérables nous sont inaccessibles. Concernant l’accompagnement des populations immigrées, les cadrages nationaux et le choix de la Préfecture de rompre avec un acteur de terrain incontournable, privent de financement des actions d’accompagnement des vieux migrant-e-s , des étranger-e-s gravement malade, de l’intégration de la santé dans l’accompagnement des réfugié-e-s…

 La Ministre de la santé et des solidarités, porteuse de la politique de santé mais aussi du plan pauvreté, s’est déclarée intéressée par le modèle émergeant des centres de santé communautaire en marge de dernier congrès des centres de santé.

Il est temps qu’elle s’en saisisse. Parce que la situation provoquée par la Préfecture de la Haute-Garonne est inepte. A ce seul titre, elle mérite un arbitrage ministériel. Il nous faudrait renvoyer les personnes vers d’autres structures ou d’autres professionnel-le-s, alors même qu’elles viennent vers la Case de Santé la plupart du temps pour n’avoir pas trouver de réponse satisfaisante. Il nous faudrait trier et refuser des personnes alors même que nous savons tou-te-s que cette option dégraderait objectivement leur situation de santé. Ces arguments doivent également amener la Ministre de la Santé à peser sur les décisions de financement sur les crédits du Ministère de l’Intérieur pour ce qui concerne la santé des étranger-e-s.

Il est temps de s’en saisir aussi compte tenu de ce que produisent sur leur territoire nos centres de santé communautaire. On ne peut plus nous opposer les réalités d’un modèle économique insatisfaisant tout en refusant de consolider ce modèle. Il y a de solutions spécifiques à trouver pour pérenniser nos modèles. On l’a vu, il y a des marges sérieuses d’amélioration dans l’accord national des centres de santé. Mais il faut aussi des décisions du Ministère de la santé, et un signal fort en soutien de nos dynamiques, de manière à impliquer les services de l’Etat et les collectivités locales en appui. Et notre horizon n’est pas à 2022, il est à 2019. Pour l’année 2018, c’est la solidarité et les soutiens financiers reçus qui nous ont évité le pire.

[i] On renverra aux communications de la Case de Santé de décembre 2018 sur la page Facebook de la Case de Santé et le site internet.

Jean Buisson nous a quitté

Hommage au Docteur Jean Buisson

 Par Docteur Thierry Clément, Médecin directeur du CMS d’Aubervilliers de 1997 à 2011

Jean Buisson, médecin, ancien directeur du centre municipal de santé d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ancien maire adjoint PCF de Livry-Gargan, officier de l’ordre national du mérite est décédé à l’âge de 82 ans le mardi 5 mars 2019.

Parler de Jean Buisson, le médecin, le clinicien expérimenté, l’homme de terrain, de ses multiples engagements n’est pas chose aisée. L’ayant remplacé au centre de santé en 1997, je sais combien ses patients lui étaient attachés. C’était un homme dévoué, attentif et disponible. Pour beaucoup son départ a été vécu comme un déchirement, la perte d’un proche, d’un confident, et assurer sa succession n’a pas toujours été facile.

Je me souviens que lors de son départ en retraite, le 22 juin 1997, Jack Ralite nous avait rappelé, devant sa famille, ses collègues et ses nombreux ami-e-s,  ce que furent les premières années de sa vie :

« Jean Buisson, avait-il dit,  est né à Provins, dans l’immédiat après-guerre, où ses  parents tenaient une bijouterie-horlogerie, son père étant aussi artisan. Il a une sœur Bernadette née après la guerre… Bachelier à 16 ans il quitte Provins pour Paris faire Médecine. Paris c’est d’abord pour lui la découverte, la liberté, le cinéma, le jazz et bien sûr les études et à l’hôpital Laennec, en 1957 la rencontre avec une infirmière, Viviane, qui deviendra sa femme en 1959. Ils auront ensemble quatre filles. »

Jean Buisson fût un personnage clef de la ville d’Aubervilliers. Comme aimait le dire Jack Ralite, Il a mis en place au centre de santé  « des innovations que la loi ou pour le moins l’organisation de la Santé n’avait pas prévues ». Sa vie personnelle, sa vie professionnelle, sa vie politique et syndicale « composantes indissociables » comme le disait encore Jack Ralite furent guidées par la nécessité de servir l’autre.

Passionné par la pratique médicale et le travail en équipe, il intègre le centre de santé d’Aubervilliers en 1965 comme médecin vacataire  et en deviendra le médecin directeur de  1970 à 1997 mais également directeur du Service Communal d’Hygiène et de Santé. De 1969 à 1997, il fut à l’hôpital Avicenne, assistant dans le service de rhumatologie puis attaché de consultation, et fut nommé praticien hospitalier en 1990. Ce positionnement lui permis de tisser des liens forts avec l’hôpital Avicenne et de nombreux médecins du CHU ont assuré des consultations « avancées » au centre Dr Pesqué.  Je cite à ce propos un passage de son discours du 27 octobre 1989 pour les 25 ans du CMS évoquant les grandes évolutions techniques dont ne pouvait se doter le centre :
« Est-ce dire qu’une telle structure sera périmée demain ? Je suis sûr du contraire. Entre ces établissements de haute performance technique et les praticiens exerçant sous forme individuelle le fossé risquerait de se creuser aux dépens des malades si des établissements comme le nôtre, lieu de rencontre, d’investigations ambulatoires, de pratique pluridisciplinaire eu plus près des gens ne jouaient pas un rôle essentiel »

En 1976, il participait avec d’autres grands noms des centres de santé (Jean Reigner, Georges Godier, Jean François Rey) et des jeunes médecins de l’époque (Joël Le Corre, Marc Schoene, Jean Luc Gallais) à un numéro de la revue du praticien qui réunissait  les responsables des médecins de groupe libéraux et ceux exerçant en centre de santé autour du thème « des différentes formes d’exercice de la médecine praticienne en équipes » ; et cela plus de 40 ans avant que ces sujets ne deviennent les points récurrents de l’actualité de l’organisation de notre système de santé. Je cite quelques extraits de son article :

« Les médecins de centre de santé ne se contentent pas d’un exercice l’un à côté de l’autre, mais veulent pouvoir exercer ensemble »… « Qui dit équipe médicale dit  travail en équipe, non seulement entre médecins mais, également avec d’autres professionnels de santé, notamment les infirmières, les kinésithérapeutes, les dentistes, les puéricultrices à domicile, là où elles existent, et avec les travailleurs sociaux »

« Le fait le plus important de l’évolution est me semble-t-il la volonté des jeunes médecins de pouvoir exercer dans de telles structures médicales… » car ils « souhaitent exercer au sein d’une équipe pluridisciplinaire, permettant une meilleur organisation de leur travail… »

« Nous constatons une évolution vers une prise en charge plus globale de la personne associant prévention et soins »

« Il est nécessaire que soit trouvé avec la sécurité sociale un autre mode de rémunération du fonctionnement, que le seul paiement à l’acte… »

Il a conçu le centre de santé comme complémentaire à médecine libérale de ville et à l’hôpital. Il a également développé une politique de prévention sur la Ville et mis en œuvre nombre d’actions de santé publique notamment en direction de la jeunesse  dont la continuité fut ensuite assurée par le Service Communal d’Hygiène et de Santé.

On ne peut parler de Jean Buisson sans évoquer son engagement auprès des patients confrontés à des problèmes d’alcool. Ceux-ci, délaissés par la médecine, ne trouvaient pas jusqu’alors de structures et des professionnels formés et à l’écoute de leurs difficultés. Sensibilisé par une association d’anciens  buveurs  dans le cadre de son activité hospitalière,  il va s’atteler à améliorer la prise en charge de ces patients. Dès 1970, il crée des consultations d’hygiène alimentaire. Suite à la circulaire de Simone Veil en 1975, le premier Centre d’Hygiène Alimentaire voit le jour au sein du centre de santé d’Aubervilliers. A la même période le Dr Buisson devient responsable de la capacité de toxicomanies et alcoologie à la faculté de Bobigny. Il était également  expert auprès du HCEIA; Haut comité d’étude et d’information sur l’alcool. C’est l’origine des nombreux CHA qui vont ouvrir, grâce à ses disciples,  dans d’autres centres de santé municipaux du département. Mais la bataille n’était pas finie, et c’est en 1983, alors qu’il faisait partie du cabinet de Jack Ralite, alors ministre de la santé,  qu’est rédigée la circulaire sur la création des CHAA.

Mais l’alcoologie et la collaboration avec l’hôpital ne furent pas les seuls champs d’innovation sur lesquels il s’aventura. Le centre de santé d’Aubervilliers  fût également, au début des années 1970, un précurseur avec le Dr Joëlle Brunerie en matière de contraception et d’IVG. Cette activité avait été  rendue publique en 1973 et la ville, tacitement  solidaire de ce combat,  permis la poursuite e ces avortements semi-clandestins.  Elle  fut encadrée légalement par la création du premier centre de planification au sein d’un centre de santé en 1974. (ref : http://archives.aubervilliers.fr/IMG/pdf/5c154_1994-10_opt_cle0bfcc8.pdf).

Rappelons également que Jean Buisson fut secrétaire général de l’Union Confédérale des Médecins Salariés de France de 1974 à 1977 et son président de 1984 à 1994.

Engagé contre la guerre en Algérie et les crimes perpétrés par l’OAS, Jean Buisson, entrera en politique en adhérant au parti communiste Français en 1962.  Il fut en outre, adjoint au Maire dans sa commune de Livry-Gargan de 1983 à 2008.

Pour finir je laisserai le dernier mot à Jack Ralite dont il fut le collaborateur pendant toutes ces années :

« Tu es un homme de la prévention, un écouteur d’autrui, un coordinateur des médecins et acteurs de santé »

« Précurseur en légalité, solidaire en humaniste, je trouve que ça te va pas trop mal »

 

J’ai une pensée particulière pour sa sœur Bernadette, pédiatre en PMI et au centre de santé,  très investie tant comme praticienne qu’en santé publique et  dans le milieu associatif, avec qui j’ai travaillé avec bonheur de nombreuses années.

A sa femme Viviane, à sa sœur Bernadette, à ses quatre filles, Nathalie, Caroline, Myriam et Stéphanie nous disons toute notre émotion et notre sympathie.

 

 

Les formations 2019 de la FNFCEPPCS (Fedeforma) sont en ligne !

Vous trouverez ci joint  le programme des formations de la Fédération de formation des centres de santé ( FNFCEPPCS*/ Fedeforma) dédiées aux professionnels des centres pour l’année 2019.
 
Vous y trouverez les thématiques, les dates et les coûts de toutes les formations, dans l’attente du catalogue détaillé qui sera publié ultérieurement.
 
La FNFCEPPCS propose des formations dispensées dans le cadre du Développement Professionnel Continu (DPC), mais également des formations hors DPC.

Pour le DPC, la FNFCEPPCS / Fedeforma  est une association agréée par l’Agence Nationale du DPC (sous le n° 2368) pour former des médecins, des kinésithérapeutes, des infirmières et des chirurgiens-dentistes de centres de santé.

Pour s’inscrire ou se pré-inscrire aux actions de DPC, rien de plus simple, il suffit de remplir la fiche d’inscription  ci dessous. Pour les actions qui ne sont encore publiée sur le site de l’ANDPC, l’association procédera aux inscriptions officielles avec les identifiants praticiens (RPPS ou Adéli) dès que cela sera possible.

Pour les formations qui ne relèvent pas du DPC, merci de contacter pour toute demande de renseignements ou pour obtenir la fiche d’inscription dédiée : 

Madame Isabelle HAVARD
Chargée de mission Fnfceppcs/ Fédéforma

Contact :
fnfceppcs@gmail.com
i.havard@yahoo.fr
01 41 17 48 0

FNFCEPPCS_Programme-formations-2019 (1)

FNFCEPPCS-modalites et fiche d’inscription DPC-2019 (1)

 

*Fédération Nationale de Formation et d’Evaluation des Pratiques Professionnelles des Centres de Santé

Le Docteur Marc Schoene se souvient du Docteur Jean Buisson

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai appris le décès de Jean Buisson. D’autant que je termine un ouvrage sur mon itinéraire professionnel qui doit beaucoup à Jean, et au cours duquel j’ai si souvent côtoyé Jean.

Que de beaux riches souvenirs sur son engagement pour la défense des centres de santé, ou pour promouvoir l’intervention locale en santé.

J’ai eu la chance d’exercer dans le centre de santé d’Aubervilliers qu’il dirigeait et où il a su composer une équipe médicale de grande qualité, nouer des relations avec l’hôpital. Jean a toujours su, à travers les enseignements qu’il prodiguait ou les conseils plus personnels, partager ses idées, son savoir avec les autres.

Combien de lieux où nous nous sommes retrouvés : le syndicat, le comité de liaison des centres de santé, Intercentres 93, et bien d’autres. Jean l’alcoologue et œnologue retrouvé dans une bonne dégustation ici ou là…

Merci Jean ! 

Extraits citant Jean Buisson dans le livre que je finis de rédiger :

 Peu de temps après mes premières armes en cabinets libéraux, j’ai bénéficié, comme je l’espérais déjà depuis mes dernières  années à Bobigny, d’une heureuse opportunité de remplacement (car il faut le rappeler, les places étaient alors rares en dispensaire) de congé maternité. J’ai pu ainsi découvrir l’exercice en dispensaire, au « centre de santé du Docteur Pesqué » à Aubervilliers (Seine Saint-Denis). Si mon remplacement fut de courte durée, je garde de très beaux souvenirs du travail dans cette ville, avec l’ensemble de l’équipe du centre de santé. 

 (…)

 C’est mon patron d’alors, le Docteur Jean Buisson, médecin-chef du centre de santé d’Aubervilliers, qui m’a informé de la vacance du poste de médecin-chef des services médico-sociaux de la ville  de Saint-Denis, et qui m’a encouragé à y postuler en septembre 1976

 (…)   

 C’est d’abord par un immense remerciement à tous mes confrères avec lesquels j’ai travaillé, échangé, polémiqué, que je voudrais commencer ce paragraphe. Alors que j’étais encore novice dans le monde complexe des « dispensaires », je n’aurais pas avancé aussi sereinement dans la mission qui m’était confiée à Saint-Denis sans l’apport déterminant de ce  « club » animé par ceux qui alors étaient les Anciens, les Sages, Georges Godier le stratège, Jean Reignier le sévère gardien du Temple, Jean Buisson le politique et pragmatique, pour n’en citer que quelques-uns de ses membres.

 (…)

  En Seine Saint-Denis les premiers pas de ce nouveau dispositif spécifique de lutte contre l’alcoolisme ont été permis grâce aux engagements conjugués d’un médecin inspecteur de la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales de Seine Saint-Denis (DDASS 93), le Docteur Yvan Margues, et du Docteur Jean Buisson, médecin-chef du centre de santé d’Aubervilliers. .

 (…)

 Pour le Docteur Jean Buisson, l’implantation d’un CHA au centre de santé était l’occasion de relations nouvelles ou renforcées entre centre de santé, centre hospitalier et autres intervenants sanitaires et sociaux, et d’encourager d’autres centres de santé à s’engager en alcoologie.

C’est donc avec les conseils et les encouragements de Jean  Buisson que la ville de Saint-Denis et sa direction de la santé de la ville de Saint-Denis se s’ont intéressés et engagés sur ce projet d’alcoologie.

 (…)

 Le second « A » du  « CHA », donc le « CHAA » revient sans doute beaucoup à la complicité entre le Docteur Jean Buisson et son Maire, qui était alors le  Ministre Jack Ralite, et dont il fut un des conseillers, qui ont permis la juste officialisation de ce qui se faisait, en l’occurrence de…l’alcoologie ! Donc le 2ème A.

 

SPPIR : Soins Primaires Pluriprofessionnels Innovation Recherche / Retrouvez les actes du séminaire

DÉVELOPPER LA RECHERCHE DANS LE DOMAINE DES SOINS PRIMAIRES : QUELLES QUESTIONS ? QUELLES APPROCHES ?

Actes du séminaire de travail multidisciplinaire et interprofessionnel
Jeudi 11 et vendredi 12 janvier 2018

Retrouvez les en suivant ce lien http://ijfr.fr/wp-content/uploads/2019/03/Actes-SPPIR-02-2019-min.pdf

Extrait de l’avant propos

Les systèmes de santé fondés après 1945 sur la solidarité collective et la protection sociale sont aujourd’hui confrontés à de multiples tensions : démographiques, épidémiologiques, et économiques qui sont pour partie les effets de leurs formidables succès. Les progrès des sciences biomédicales soutenus par la capacité à les financer et les rendre accessibles au plus grand nombre allongent la vie avec les maladies en limitant les incapacités, sans toutefois réduire les inégalités entre groupes sociaux. Permettre à chacun d’entre nous vivant sur le territoire français de naître, grandir et vivre en bonne santé et de pouvoir accéder aux soins adaptés en fonction de ses besoins constitue un idéal toujours d’actualité et fondateur de notre vivre ensemble. Mais l’actualisation et la soutenabilité de ces principes de solidarité et de fraternité dans le domaine de la santé nécessitent des évolutions importantes des pratiques, des rôles et des organisations de soins ce qui questionne de nombreux acteurs du système de santé. La stratégie de transformation du système de santé présentée en septembre 2018 met notamment l’accent sur « la structuration des
soins de proximité… la priorité des priorités. Car c’est de ce levier essentiel que dépendent beaucoup des réponses aux tensions que nous connaissons. Il y a aujourd’hui consensus sur la nécessité de soutenir, renforcer et adapter les nouvelles organisations en santé comme les maisons de santé, les centres de santé, l’exercice en équipe afin de permettre aux acteurs sociaux et médicaux de la ville et de l’hôpital de mieux articuler leurs réponses aux besoins de santé de la population des territoires sur lesquels ils exercent, en concertation avec les usagers du système.


Plusieurs travaux ont montré que ces organisations pluriprofessionnelles constituent des lieux d’élaboration de nouvelles pratiques en facilitant l’exercice collectif. Elles participent à la construction d’expérimentations visant à tester de nouvelles modalités de financement et de rémunération. Certaines d’entre elles accueillent aujourd’hui des enseignants chercheurs en médecine générale et potentiellement demain des enseignants chercheurs d’autres disciplines. Le label universitaire des maisons et des centres de santé pluriprofessionnels est en cours de déploiement. Enfin, ces organisations constituent également des points d’appui à l’organisation des soins à l’échelon territorial et des lieux de formation pour les futurs professionnels en soins primaires.
….
L’association SPP-IR (Soins Primaires Pluriprofessionnels Innovation Recherche) s’est constituée pour contribuer au développement d’un écosystème de recherche pour faciliter le croisement de savoirs entre des acteurs de mondes différents : professionnels, décideurs, chercheurs et représentants d’usagers et de patients. Notre objectif est de faciliter l’émergence de questions pertinentes et de configurations de travail permettant d’y répondre.

Le séminaire des 11 et 12 janvier 2018 représente une étape importante de ce projet que nous savons de long terme et que nous poursuivons en 2019. Le succès de la participation comme l’implication de tous et la qualité des échanges nous ont confirmé l’intérêt de publier les actes de ces deux journées dans une version détaillée qui donnera lieu à des synthèses et publications ultérieures. Chaque responsable de table ronde et d’atelier a assuré la retranscription et la synthèse des arguments des ateliers, des interventions, des échanges et des restitutions synthétiques en séances plénières. Les interventions miroirs (regards croisés) à la fin de chaque journée comme les interventions des experts étrangers ont bénéficié d’une retranscription professionnelle. Chaque intervenant a pu valider son intervention retranscrite telle que présentée dans le document. Nous remercions chacun pour sa contribution au séminaire et à sa valorisation, qui nous permet d’en élargir l’audience.

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