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Flash info syndical ! Assemblée générale de l’USMCS, le 3 avril 2019 , 20h, Paris

 

Chers amis,

Vous êtes invités à lASSEMBLÉE GÉNÉRALE de l’USMCS qui se tiendra

Mercredi 3 avril 2019 de 20h00 à 22h30, 

au siège de l’USMCS,

65-67, rue d’Amsterdam 75008 PARIS.

Métro : Liège ou Place de Clichy

 

Ordre du Jour :

 20h00-20h30 :

  • Rapport moral du président.
  • Rapport financier du trésorier.

20h30-21h00 :

  • Élection du conseil syndical et du bureau.
  • Vote des tarifs des cotisations

21h00- 22h30 : Questions diverses.

    1. Plan santé gouvernemental :  positions et actions de l’USMCS.
    2. EPIDAURE CDS: les enjeux pour les professionnels de santé d’une expérimentation d’un paiement forfaitaire des centres de santé.
    3. La Fabrique des Centres de Santé et Fédération Nationale de Formation Continue et d’Évaluation des Pratiques des CDS (FNFCEPPCS) : quel rôle pour l’USMCS dans ces deux associations dont elle est membre fondateur ?
    4. L’actualité des centres de santé: création, difficultés, enjeux, état des dossiers soutenus par l’USMCS.
    5. Renouvellement des représentants de l’Union dans les instances (ANDPC…)
    6. Le Congrès des centres de santé : le bilan 2018, les perspectives pour 2019
    7. Les outils de communication de l’USMCS, nouveau site internet, newsletter, réseaux sociaux : quels usages, quelle animation ?  
    8.  

Fin de l’AG à 22h30

Nous vous attendons nombreux pour discuter, débattre et déterminer ensemble les prochaines actions que l’USMCS devra mener en 2011/2012.    

Eric May, Président et Frédéric Villebrun, Secrétaire Général

 

Convocation à l’AG 2019,

candidature au conseil syndical

t pouvoir pour l’AG à télécharger ci dessous.

 

 

 

 

L’USMCS, partenaire du Congrès de Médecine Générale France, 4 au 6 avril 2019, Palais des Congrès, Paris.

 

Comme chaque année, l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé, membre du Collège de Médecine Générale, organise au Congrès de la Médecine Générale France une session partenaire.

Cette année, rendez vous le jeudi 4 avril, de 9h30 à 11h00,  au Palais des Congrès, salle 263, à Paris. Pleins feux sur  :

« LES GÉNÉRALISTES ET LES ÉQUIPES DE SOINS PRIMAIRES, ACTEURS DE L’INNOVATION EN SANTÉ »

Des équipes de soins primaires (ESP) s’apprêtent à participer à des expérimentations nationales pour l’innovation en santé, les fameuses expérimentations « article 51 ». Ces expérimentations proposent notamment des financements inédits : capitation, paiements forfaitaires en équipe, épisodes de soins, les projets se précisent.

avec à l’invitation de l’Union, des invités prestigieux pour en débattre :

Alain BEAUPIN, Président, Institut Jean-François Rey
Luc DUQUESNEL, Président, Les Généralistes – CSMF
Natacha LEMAIRE, Rapporteur général, Conseil stratégique de l’innovation en santé
Yannick LE GUEN, Directeur de la stratégie, Agence Régionale de Santé Ile-de-France

Modérateur : Frédéric VILLEBRUN, Champigny-sur-Marne, Secrétaire Général USMCS

 

Alors inscrivez vous vite sur le site

https://www.congresmg.fr/fr/

 

L’engagement des patients comme acteurs de la santé primaire

Yannick Ruelle, Médecin généraliste, Centre municipal de santé de Pantin, Département universitaire de médecine générale, UFR SMBH, Paris 13, Laboratoire éducations et pratiques de santé (EA3412), Université Paris 13

Olivia Gross, Docteur en santé publique, chercheuse en sciences de l’éducation, Laboratoire éducations et pratiques de santé (EA3412), Université Paris 13

 

La démocratie en santé est définie comme la participation individuelle et collective des usagers du système de santé. Sur le plan collectif, il s’agit d’encourager leur participation aux actions et mesures de santé, pour en améliorer la qualité. Les politiques qui s’y adossent remontent aux années 70. Elles ont en particulier été largement promues par l’Organisation Mondiale de la Santé[1],[2],[3]. En France, les droits collectifs des malades ont trouvé leur première traduction réglementaire par la loi du 04 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Actuellement, l’engagement des usagers tend à déborder de ce premier cadre, sous l’effet d’incitations multiples, notamment politiques et institutionnelles.

Cet article a pour objectif de faire un tour d’horizon de la manière dont les patients peuvent s’engager au sein du système de santé et, plus spécifiquement, au sein des structures de santé primaire.

 Les « savoirs patients »

De leurs expériences du système de santé, chaque patient a construit des savoirs qui déterminent ce que l’on peut attendre des usages en termes d’engagement[4],[5]

Ces savoirs peuvent se classer en trois grandes catégories : les savoirs expérientiels, les savoirs situés et les savoirs sachants.

Les savoirs expérientiels sont directement tirés de l’expérience. Ils peuvent être implicites, utiles pour soi-même (ex : le patient diabétique sait que l’injection d’insuline, toujours au même endroit, va avoir des conséquences néfastes), ou explicites, transmissibles à autrui (ex : le même patient diabétique peut expliquer ceci à un autre patient).

Les savoirs situés correspondent à un certain niveau de théorisation, auquel les patients accèdent collectivement. Ce sont des savoirs collectifs, qui traduisent des prises de position collective des patients construites à partir de leurs expériences communes et souvent en référence à des normes exogènes. Cette forme de « perspective patient » se développe donc au sein de communautés de patients plus ou moins larges (associations, groupes internet, groupe de travail…). Ils offrent la possibilité d’influence sur le monde (ex : le patient diabétique peut transmettre aux soignants la nécessité d’intégrer la « perspective patient » lors de la prescription d’insuline).

Les savoirs sachants sont orientés vers la production de connaissance (ex : un patient diabétique peut participer, comme membre de comités de recherche ou de commissions institutionnelles à des travaux sur les modalités de prescription de l’insuline).

 Les modalités possibles d’engagement

Du colloque singulier à un engagement collectif, ces savoirs peuvent être convoqués dans différentes formes d’engagement.

 La relation soignant-patient

Intégrer la « perspective patient » dans la relation, c’est passer d’un patient objet à un patient sujet. Ceci peut se faire en adoptant une posture holistique, prenant en compte le patient dans sa globalité, selon le modèle bio-psycho-social de Engel[6]. Le patient n’est ainsi plus envisagé selon ses seuls déterminants biomédicaux. Il aide le soignant à passer du diagnostic au diagnostic de situation. Parallèlement, les décisions prises peuvent convoquer l’evidence-based medicine (EBM). Très largement dévoyée depuis, elle avait été définie par Sackett non comme la seule prise en compte de données scientifiques, mais comme un processus de décision déterminé, certes par la science, mais aussi par l’expertise du patient et celle du soignant[7]. Ce processus a abouti à l’approche centrée sur le patient puis, plus récemment, à la décision partagée en santé, utilisable à chaque fois qu’il existe plusieurs alternatives raisonnables pour une décision, ou en situation d’incertitude, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

 L’engagement au sein d’un lieu de santé primaire

Le premier niveau d’engagement du patient en dehors de la relation habituelle de soin peut être sollicité en recueillant sa satisfaction. Dans ce processus, le patient reste cependant souvent passif, puisque sollicité par les soignants sous forme très fermée (questionnaire de satisfaction) et surtout plein de présupposés, à commencer par celui de leur satisfaction.  D’où l’émergence de questionnaires d’expérience qui permettent de qualifier cette dernière en l’objectivant afin d’en tirer des actions correctrices[8].

Cet engagement peut prendre une forme plus active par la formalisation de comités d’usagers. Rendus obligatoires au sein des établissements de santé (alors qu’ils concernent des soins secondaires voire tertiaires), ils ont été « oubliés » par le législateur au sein des soins primaires. Ils restent donc facultatifs, très peu développés et souvent liés à la seule défense des structures[9]. Pourtant, ils sont particulièrement pertinents pour améliorer la qualité des soins primaires : au Royaume-Uni, depuis 2015, toutes les maisons de santé se sont dotées de tels comités. Comme on peut le déduire des fiches de mission de ces comités, il est attendu que les usagers qui les composent donnent leur avis « d’ami critique », animent des groupes de parole, encouragent les patients à s’impliquer dans leurs soins, leur procurent du soutien, contribuent à améliorer leur littératie en santé, mettent en œuvre des recherches qu’ils orientent en fonction des attentes des usagers, organisent des levées de fond, des actions de promotion de la santé.

De plus, il reste à penser en France, au niveau des soins primaires, le circuit des plaintes et réclamations : force est de constater que sur ce plan, les soins primaires sont les oubliés de la démocratie en santé.

 L’engagement au sein du territoire

Les difficultés liées au parcours de santé sont pléthore et les acteurs de soins primaires en ont bien conscience. Mais qui, mieux que les patients, connaissent les réalités des obstacles de ces parcours ? Cette expérience doit pouvoir trouver des espaces où s’exprimer, pour que des solutions structurelles puissent être trouvées.

Sur le plan plus conjoncturel, les anglo-saxons ont développés depuis de nombreuses années des navigateurs, infirmiers ou usagers, qui, en lien avec des structures de santé, aident les patients les plus en difficulté avec le système de santé à accéder aux soins, à comprendre les informations médicales complexes, à respecter les rendez-vous, à composer avec le stress de la maladie, à se procurer une assurance maladie, à prendre leurs médicaments, à rester en contact avec les soignants. La navigation reste peu développée en France. Toutefois, il émerge, en lien avec quelques centres de santé (Place Santé à Saint-Denis ou Case de Santé à Toulouse, par exemple) des médiateurs de santé dont c’est le rôle. 

 L’engagement au sein de la formation et de la recherche

Les patients peuvent s’engager dans plusieurs dimensions de la formation. Nombre d’entre eux interviennent comme co-concepteurs, co-formateurs, co-évaluateurs, dans le cadre de l’éducation thérapeutique des patients (ETP). Aussi, la Haute Autorité de santé les mentionne systématiquement comme membres de l’équipe de l’ETP et comme participants à ces différentes tâches[10].

La formation initiale et continue des professionnels de santé est également concernée. Ainsi, à Paris 13 par exemple, des patients-enseignants recrutés pour leurs savoirs situés interviennent quasi-systématiquement au sein des enseignements des internes de médecine générale[11], comme au sein des jurys du DES.

Se développe aussi l’engagement des patients au sein des programmes de recherche, non seulement comme sources d’informations, mais aussi comme partie prenante des équipes de recherche, notamment comme enquêteurs-pairs. D’ailleurs, au niveau des congrès et des revues scientifiques des labels « patients » existent pour valoriser les travaux de recherche et leurs publications qui impliquent des patients dans leur conception, leur réalisation et leur diffusion.

 Conclusion

Les soins primaires sont en pleine mutation : nouvelles organisations du travail, nouveaux métiers, développement de la recherche. Les patients peuvent prendre toute leur part à cette mutation, à condition que les professionnels comprennent ce qu’ils peuvent en attendre et apprennent à collaborer avec eux de manière qu’ils se sentent utiles, ce qui est le facteur clé de leur engagement.

 

[1] Organisation mondiale de la santé. Déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaires. Genève : OMS, 1978. Disponible sur : https://www.who.int/topics/primary_health_care/alma_ata_declaration/fr/ [consulté le 20 janvier 2019].

[2] Organisation mondiale de la santé. Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé. Genève : OMS, 1986. Disponible sur : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charter_F.pdf [consulté le 20 janvier 2019].

[3] Conférence mondiale sur les droits de l’homme. Déclaration et programme d’action de Vienne. New-York : ONU, 1993. Dissponible sur : https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G93/142/34/PDF/G9314234.pdf?OpenElement [consulté le 20 janvier 2019].

[4] Gross O. L’engagement des patients au service du système de santé. Montrouge : Doin, 2017.

[5] Gross O. La médecine générale au défi de la démocratie en santé. Médecine 2017;13:462-5.

[6] Engel GL. The clinical application of the biopsychosocial model. Am J Psychiatry 1980;137:535-44.

[7] Sackett DL, Rosenberg WM. The need for evidence-based medicine. J R Soc Med 1995;88:620-4.

[8] Haute Autorité de santé. Rapport Expérience Patient – avril 2011. Saint-Denis La Plaine : HAS, 2011. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1055814/fr/rapport-experience-patient-avril-2011 [consulté le 20 janvier 2019].

[9] Raymond R, Borgia A, Ruelle Y. User committees within health centres. Soins 2017;62:43-45.

[10] Haute Autorité de santé. Indicateurs dans le champ de l’éducation thérapeutique du patient. Saint-Denis La Plaine : HAS, 2014. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-06/indicateurs_etp_v2.pdf [consulté le 20 janvier 2019].

[11] Gross O, Ruelle Y, Sannié T, et al. Un département universitaire de médecine générale au défi de la démocratie en santé : la formation d’internes de médecine générale par des patients-enseignants. Revue française des affaires sociales 2017;1:61-78.

Les professionnels des centres de santé et les risques psychosociaux… Les cordonniers mal chaussés ?

Par Régine Raymond, Directrice administrative et financière de la Santé Publique de la Ville d’Aubervilliers ( Seine Saint Denis), Présidente de la FNFCEPPCS , Docteur en Sciences de l’Education

Aujourd’hui, en France, il n’existe pas de définition juridique des risques psycho-sociaux (RPS). Toutefois, il y a un consensus autour du cadre proposé par le Collège d’expertise constitué en 2008 par l’INSEE, à la demande du Ministère du Travail. Il est ainsi proposé de regrouper sous la notion de RPS, « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’agir avec le fonctionnement mental ».

Les facteurs à l’origine des RPS sont connus et sont plurifactoriels :

  • Les exigences du travail et son organisation : degré d’autonomie dans le travail, degré d’exigence au travail en matière de qualité et de délais, vigilance et concentration requises, injonctions contradictoires…
  • Le management et les relations de travail : nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs, reconnaissance, rémunération, justice organisationnelle
  • La prise en compte des valeurs et attentes des salariés : développement des compétences, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, conflits d’éthique ;
  • Les changements du travail : conception des changements de tout ordre, nouvelles technologies, insécurité de l’emploi, restructurations …

Ainsi, lorsqu’on évoque les RPS, il est souvent fait référence au stress, au « burn-out », aux relations de travail difficiles, au management négligeant le facteur humain et à toutes les formes de violences. Il est à noter que seuls, le stress, le harcèlement moral et sexuel et la violence au travail, font l’objet de mesures conventionnelles et législatives spécifiques.

Les RPS ont une incidence avérée sur l’état de santé des individus exposés et peuvent être à l’origine d’un vécu douloureux souvent inexpliqué (manque de sommeil, perturbations alimentaires, sensation d’épuisement, d’isolement, d’incompétence, perte de confiance, d’estime de soi…) ou d’un ensemble de pathologies (troubles musculo-squelettiques, ulcères, hypertension, infarctus, troubles hormonaux…).

Un fois ce cadre rapidement posé, la question se pose du rapport entre les RPS et les professionnels des centres de santé.

Le lien est à la fois simple et complexe.

Les professionnels des centres de santé sont amenés à recevoir, accompagner, conseiller, soigner les personnes exposées aux RPS et/ou souffrant des pathologies associées. Mais alors qu’ils accueillent cette souffrance spécifique au travail, ils peuvent eux-mêmes y être exposés.

Il n’existe pas d’étude spécifique sur l’exposition des professionnels des centres de santé aux RPS mais un constat général met en lumière un vécu émotionnel douloureux des conditions de travail.

La question de l’agressivité des patients est récurrente (avec un écho particulier chez les personnels administratifs en charge de l’accueil). D’autre part, la complexité grandissante à accompagner des patients de plus en plus précaires avec des moyens de moins en moins adaptés, n’est pas sans conséquences sur les conditions d’accompagnement.

Le travail en équipe est entendu comme un point fort du travail en centre de santé car il permet de croiser les regards et les expériences. Mais le vécu d’équipe est complexe car il nécessite, par exemple, de conjuguer des individualités parfois difficilement compatibles, ce qui est source de tensions relationnelles importantes.

Par ailleurs, les échanges entre soignants et administratifs demeurent marqués par une hiérarchie forte qui ne permet pas toujours de valoriser la place de chacun au sein de la structure.

Enfin, la question de la distance ressentie (ou réelle) entre les équipes de direction et les agents de la structure est vécue comme une source de tensions qui semble concourir au sentiment d’isolement évoqué par tous… Alors même que, de leur côté, les équipes de direction mettent en avant la difficulté à répondre aux exigences de leur propre hiérarchie tout en satisfaisant aux demandes des professionnels, les deux étant souvent incompatibles.

Tout cela entretient, chez les professionnels des centres de santé, le sentiment d’agir dans un cadre qu’ils ne comprennent pas ou qui ne correspond pas à leurs valeurs.  Un sentiment fort de non-reconnaissance de la réalité et de la qualité de leur travail s’ajoute à ce ressenti.

Le collectif est partiellement aidant mais l’épuisement professionnel et la démotivation sont là, en témoigne l’absentéisme croissant.

Quelles solutions peut-on imaginer ? En réalité, cette question n’a pas vraiment de réponses toutes faites.

On peut supposer qu’une réflexion est nécessaire autour du renforcement du collectif comme levier d’amélioration des pratiques et du bien-être au travail, avec un travail autour de la définition de valeurs communes par exemple.

Une transparence et une meilleure fluidité de circulation de l’information permettraient également de comprendre les enjeux propres à chaque professionnel.

Par ailleurs, l’accompagnement des professionnels dans la mise en lumière de l’originalité de leur trajectoire, de la reconnaissance de leurs compétences et de la définition de perspectives, pourrait également contribuer à redonner du sens à leur activité… et donc à renforcer leur motivation.

Il semble également indispensable d’accompagner les structures dans le déploiement d’actions de prévention et de repérage de la souffrance au travail, notamment avec les services de santé et de sécurité au travail ou encore avec les CHSCT.

Et bien évidemment, l’octroi de moyens supplémentaires pour répondre à la détresse sociale concourrait à réduire le sentiment d’inefficacité des professionnels, même si cet aspect ne peut être dé-corrélé d’un travail interne à chaque structure, afin de réduire le mal-être ressenti par les professionnels.

Autant de pistes (dont la liste n’est évidemment pas exhaustive) qui semblent finalement couler de source… mais qui demeurent pourtant bien complexes à mettre en œuvre, dans une réalité quotidienne où l’urgence semble être le maître mot. En témoignent les expérimentations déjà menées, tels que des groupes d’échanges annulés faute de participants motivés, ou parce qu’il n’est pas toujours évident de fermer la structure, pour permettre à tous d’y participer.

 

Paiement au forfait ? Enfin ! Par Alain Beaupin, Président de l’Institut Jean François Rey

 

Les centres de santé pour l’innovation en santé

Les équipes des centres de santé saluent la publication du Rapport AUBERT. Il est enfin possible de reconnaître l’évidence : pour les soins courants, le paiement à l’acte c’est dépassé, place au forfait.

C’est en effet un forfait tout compris que les équipes de centres de santé participant au projet EPIDAURE-CDS préparent avec le Ministère pour leurs patients volontaires dans le cadre du fameux article 51*. Un forfait annuel versé par la sécurité sociale au centre de santé, pour chaque patient pris en charge.

Que comprendra le forfait ?

  • Dans le forfait seraient inclus : les consultations de médecine générale, avec et sans rendez-vous, les médecins spécialistes, les soins dentaires, les soins infirmiers, la prévention.

Quel sera le montant du forfait ?

  • Le montant du forfait sera variable, plus élevé pour les patients porteurs d’affections de longue durée ou socialement vulnérables, plus faible bien sûr pour les jeunes en bonne santé.

Pour les patients, c’est quoi l’avantage ?

  • Des offres nouvelles, aujourd’hui exclues par la tarification à l’acte. L’éducation aux traitements et aux maladies chroniques, la diététique, le sport-santé, le soutien psychologique et social si besoin, et bien d’autres idées.
  • Et moins d’actes inutiles. Finies les incitations à augmenter l’activité pour des motifs budgétaires sans motif médical sérieux. Place à l’amélioration de la pertinence des soins. Moins d’examens et mieux, moins de médicaments et mieux.

Ça commence quand ?

  • Les travaux préparatoires se poursuivent. L’ambition est partagée, le contenu du forfait est en discussion, les modalités pratiques sont en cours de finalisation. La Ministre a demandé des résultats pour mars prochain, les équipes des centres de santé seront au rendez-vous.

Mon centre de santé sera-t-il dans l’expérimentation ?

  • Dès que les règles du jeu seront connues, chaque centre de santé concerné pourra décider d’être candidat à l’expérimentation.

Alain Beaupin, Président de l’Institut Jean François Rey  http://ijfr.fr/

 

* Pour rappel, 10 centres de santé d’Île de France ( 9 municipaux et 1 privé à but non lucratif, 5 gestionnaires) ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt  pour expérimenter en substitution aux paiement des actes un paiement forfaitaire en équipe de professionnels de santé en ville  ( PEPS – Patientèle totale ) lancé conjointement par le Ministère des Solidarités et de la Santé et par l’Assurance Maladie en application de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, qui permet d’expérimenter des organisations innovantes en santé. L’élaboration du cahier des charges à laquelle ils ont participé est en voie d’achèvement et sa publication devrait intervenir fin mars pour un lancement de l’expérimentation dès 2019. D’autres équipes de centres de santé pourront alors les rejoindre en candidatant à l’appel à projet. Une première étape qui ouvre de réelle perspectives d’innovations et de transformation du système de santé ambulatoire, en rupture avec les modèles d’organisations fondés sur le paiement à l’acte. 

http://www.lescentresdesante.com/flash-info-projet-epidaure-cds-experimentation-peps-centres-de-sante-retenu-ministere-solidarite-de-sante/

 

Communiqué de presse de l’IJFR

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