Rejoignez-nous : Recherchez :

Archives de l’auteur

5/6 octobre 2017, 57eme Congrès National des Centres de Santé : EN FINIR avec les déserts médicaux ! Inscrivez vous sans tarder !

 

Le 57ème Congrès National des Centres de Santé

se tiendra à l’A.S.I.E.M, 6 Rue Albert de Lapparent à PARIS (75007)

le jeudi 5 et le vendredi 6 octobre 2017,

Son thème sera:

« En finir avec les déserts médicaux » 

Le Congrès National des Centres de Santé sera le rendez-vous de cette rentrée à ne pas manquer pour tous les acteurs de la santé.  Il réunira plus de 600 représentants des centres de santé de toutes les régions, médecins, infirmier(e)s, kinésithérapeutes, chirurgiens dentistes, élu-e-s, promoteurs, directions des centres et personnels administratifs mais aussi de nombreux autres acteurs de la santé. 

Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, est attendue le jeudi 5 octobre pour ouvrir cette 57ème édition.

Puis, des dizaines de débats, tables rondes, communications et ateliers se tiendront pendant deux jours. Ils illustreront la modernité des pratiques des centres de santé et leur capacité à pouvoir répondre aux enjeux d’aujourd’hui, et le premier d’entre eux, l’accès aux soins et à la prévention, de proximité, de qualité et, pour tous.

Ainsi, jeudi 5 octobre et vendredi 6 octobre, les tables rondes se succèderont le matin et l’après midi :  

  • Le jeudi, de 9h30 à 12h00, « Régulation de l’offre de soins, soutenir les initiatives locales » traitera des enjeux pour les usagers, les professionnels de santé et les institutions des transformations de l’organisation des soins face au développement des déserts médicaux. 
  • Puis, à l’initiative de la Fédération Nationale des Centres de Santé, le jeudi, de 14h30 à 17h00, réflexion et débat se poursuivront sur « Les enjeux de la territorialisation de l’organisation de la santé ».
  • Le vendredi 6 octobre, le matin, à partir de 9h00, ce sont les pratiques professionnelles des soignants et des centres qui seront interrogées au cours du débat intitulé : « Salariat, pratiques professionnelles en équipe : quelles réalités dans centres de sante aujourd’hui ? ».
  • Enfin, le vendredi après-midi, en clôture, de 14h30 à 16h30, un dernier débat fera le bilan du nouvel Accord National pour les structures et leurs gestionnaires mais aussi pour leurs professionnels de santé et leurs usagers.

Par ailleurs, à la demande des professionnels de santé des centres, ce seront trois sessions de Développement Professionnel Continu qui seront organisées pendant le congrès par la FNFCEPPCS* : 

  • pour les chirurgiens-dentistes des centres de santé : « Les collages » sous la coordination du Dr Lan Phuong Dinh Do
  • pour les médecins généralistes des centres de santé :
    • « Les certificats de sports en centre de santé  » sous la coordination du Dr Véronique Solano, médecin du sport en centre de santé
    • « Actualité en addictologie » sous la coordination du Dr Edouard Jean Baptiste 

Ci dessous les modalités d’inscription aux sessions de DPC dans le document de la FNFCEPPCS.

Comme chaque année, la journée des Centres de Planification et d’Education Familiale, se tiendra le vendredi 6 octobre l’après-midi. Elle sera animée par le Dr Alan Charissou.

Les thèmes de l’édition 2017 du congrès des centres de santé reflètent les enjeux et l’actualité pour les centres de santé, pour les usagers et pour tous les professionnels de santé.

Alors INSCRIVEZ VOUS dès aujourd’hui !

Comment faire ?

Téléchargez simplement le bulletin d’inscription ci dessous et adressez le comme indiqué au secrétariat du congrès des centres de santé. 

A bientot à Paris au Congrès !!!!

Le Comité d’Organisation du Congrès

Lydia Caillaud, Alain Brémaud, Alain Beaupin, Richard Lopez, Marie Penicaud, Guirec Loyer, Régine Raymond, Loic Coudray, Grégory Lemoine, Jeremie Bazart, Martine Dame, Lan Phuong Dinh Do, Claire Terra, Frédéric Villebrun, Alan Charissou, Edouard Jean Baptiste, Yannick Ruelle, Julien Le Breton, Julie Chastang, Hélène Colombani, Richard Lopez, Eric May.

* Partenaire du Congrès depuis 2007, la Fédération Nationale de Formation Continue et d’Evaluation des Pratiques Professionnelles des Centres de Santé est un organisme agréé par l’Organisme Gestionnaire du Développement Professionnel Continu.

TÉLÉCHARGEZ  CI DESSOUS LE PROGRAMME ET LES BULLETINS D’INSCRIPTION DES 2 JOURNEES DU CONGRES

ET DE LA JOURNÉE DES CENTRES DE PLANIFICATION ET D’ÉDUCATION FAMILIALE

 

Programme du congrès 2017

Bulletin d’inscription au congrès 2017

FNFCEPPCS inscription aux formations DPC du congrès

 

 

 

 

Appel à faire barrage à MARINE LE PEN et AU FRONT NATIONAL le 7 mai 2017

Depuis sa création au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Union Syndicale des Médecins de Centres de Santé a toujours fondé son action sur les valeurs de solidarité et d’égalité, sur les principes de l’accès aux droits et à la santé pour tous, le refus de toute exclusion et de toute discrimination, sociale, financière, culturelle, ethnique, religieuse ou sexuelle. 

Aujourd’hui, ce sont ces mêmes valeurs et ces mêmes principes qui sont directement remis en cause et menacés par le programme de Marine Le Pen et du Front National : préférence nationale, suppression des droits de base et de l’accès aux soins des étrangers (suppression de l’Aide Médicale d’Etat), remise en cause des droits des femmes à l’IVG… Autant de mesures annoncées guidées par une idéologie de division, d’affrontement, clairement xénophobe, contraire aux droits de l’homme chèrement acquis et rappelons-le, à la déontologie médicale.

Pour ces raisons, en 2002, l’USMCS avait appelé à voter Jacques Chirac sans réserve et sans état d’âme pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen et au Front National.

15 ans plus tard, en 2017, les mêmes raisons amènent l’Union Syndicale à appeler à voter au second tour des présidentielles contre le Font National et Marine Le Pen alors que celle-ci n’a jamais été aussi proche d’exercer les plus hautes fonctions du pouvoir.

L’Union Syndicale refuse les discours confus et ambigus, les atermoiements et les amalgames de ceux qui renvoient dos à dos les deux candidats et qui sont prêts à céder à la tentation du pire au risque de plonger le pays dans le chaos politique et social.

Aussi le 7 mai prochain, l’Union Syndicale appelle à voter pour le candidat Emmanuel Macron.

Le bureau de l’USMCS

 

CP de l’USMCS

 

 

Vers une coopération intégrée entre centres de santé et hôpitaux ? Dr Alain Beaupin

Depuis quelque temps l’idée de gérer des centres de santé sous forme coopérative fait son chemin. Dans le contexte réglementaire actuel, c’est le statut de Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui retient l’attention. Quelle pourrait être la place de l’hôpital dans de telles coopératives gérant des centres de santé ? Le débat est ouvert.

Dans le modèle habituel, les services organisés délivrant des soins primaires, c’est à dire les centres de santé ou les maisons de santé, sont régis par un seul type d’acteur. Les centres de santé municipaux, sans personnalité morale, sont des services de la Mairie au sein de laquelle le patron est le Maire.

Il en va de même pour les centres de santé mutualistes, les centres de santé gérés par une CPAM ou par un régime spécial de sécurité sociale, comme le régime des mines par exemple. La gouvernance y est assurée par un seul organisme. Les centres de santé hospitaliers, plus rares dans le paysage, obéissent à la même règle, selon laquelle c’est le directeur de l’hôpital qui, en dernier ressort, en est le responsable.

Par rapport à toute autre solution, le modèle habituel, qu’il soit municipal, assurantiel ou hospitalier présente l’avantage de disposer d’une gouvernance bien identifiée et efficace. Dans les maisons de santé libérales le pouvoir est là aussi aux mains d’un seul acteur, le corps médical et paramédical libéral, dont chaque membre cumule un rôle d’entrepreneur et un rôle de professionnel.

Au cas par cas, il arrive que des acteurs secondaires soient associés au gestionnaire principal, selon des modalités variables. Par exemple, un centre de santé municipal dont la gestion a été confiée par le Maire à une caisse primaire de sécurité sociale. Ou encore une municipalité mettant à disposition d’une maison de santé libérale des fonctions support (locaux, secrétariat). Directement ou bien à travers une structure porteuse dans laquelle elle est minoritaire. Il arrive aussi qu’un hôpital à but non lucratif, soucieux d’attirer une patientelle induisant pour lui-même de l’activité hospitalière, et donc des recettes, se dote d’une association dont il a la maîtrise, et dont la fonction est de gérer un ou plusieurs centres de santé.

Quelle que soit la variante observée, par rapport au modèle habituel, il serait sans doute excessif d’évoquer une forme de gouvernance coopérative, et d’ailleurs aucune de ces formes n’est présentée comme telle par ses promoteurs.

Il faut saluer l’initiative de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France qui a souhaité faire le point sur les possibilités de gestion d’un centre de santé par un établissement de santé dans une étude récemment parue (1). Cette étude balaye l’ensemble des modalités qui pourraient s’offrir à un hôpital, public ou privé à but non lucratif, pour gérer un centre de santé. La gestion directe par un établissement de santé public est naturellement possible. L’exemple du Centre de santé créé dans les quartiers Nord de Marseille par l’Hôpital Edouard-Toulouse a été présenté par son directeur lors de la table ronde d’ouverture du 56ème Congrès des centres de santé, en octobre dernier. Cette expérience répond à une logique territoriale de soins de proximité, ainsi qu’à certains besoins de personnes prises en charge pour des pathologies psychiatriques. En Ile-de France, deux établissements gérant des centres de santé ont participé à l’étude diligentée par l’ARS, l’hôpital d’Houdan (78), en gestion directe, et l’Hôpital privé à but non lucratif (ESPIC) Saint-Joseph à Paris, gérant des centres de santé par l’intermédiaire d’une association.

La gestion directe d’un centre de santé par un hôpital est naturellement possible, la Loi le prévoit. Le rapport envisage également, et c’est son originalité, cinq formes juridiques d’organisation susceptibles d’être retenues pour gérer un centre de santé : Groupement de Coopération Sanitaire de moyens (GCS), Groupement d’Intérêt Public (GIP), Groupement d’Intérêt Economique (GIE), Association, Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). A lire l’analyse, à laquelle nous renverrons le lecteur pour plus de détails, seules deux formes juridiques, l’association et la SCIC, sont réellement adaptées à la gestion d’un centre de santé sous forme indirecte. Ce rapport contribue ainsi à alimenter la réflexion sur les modes d’organisation des soins primaires. Il s’inscrit dans la recherche de formes innovantes pour améliorer l’articulation entre soins de ville et soins hospitaliers, dans des logiques de parcours et de prise en charge des maladies chroniques. Il invite à aller plus loin, à mettre en place des parcours intégrés entre la ville et l’hôpital, y compris en matière de prévention et de réadaptation, associant usagers, professionnels, collectivités locales, sécurité sociale, et mutuelles, des mutuelles recentrées sur leur action sociale. Quelques points de vigilance, cependant. Inefficient et inégalitaire, l’hospitalocentrisme est désormais tombé en désuétude, et il est illusoire d’imaginer le recycler pour penser l’avenir des soins de ville. Qui plus est, comme le déclare Frédéric Valletoux, le président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) « la situation de l’hôpital public en France est inédite. L’hôpital est vraiment en situation de burn out. On a épuisé la machine, les organisations et les hommes. Le système est à bout de souffle (2). » Le vrai débat est là. Recentrage du système sur le patient et son expérience de vie, maladies chroniques, parcours de santé, prévention, indépendance par rapport aux lobbies industriels, il faudra bien en arriver à libérer le système de santé français de ces règles budgétaires cloisonnées, archaiques, étouffantes. Et pour tout dire nuisibles à la solidarité et à l’égalité.

Alain BEAUPIN

1 Etude et analyse des conditions favorables à la gestion d’un centre de santé par un établissement de santé, ( 2 parties: Rapport et Référentiel juridique), ARS Ile-de-France, décembre 2016

2 Le JDD, 29 janvier 2017

 

Disparition du Dr Jean Reigner, visionnaire et fondateur du mouvement des Centres de Santé

Jean Reigner (1920-2017)

Cela fait bien longtemps que Jean Reigner n’arpentait plus, de sa silhouette élégante et austère, les travées des congrès nationaux des centres de santé. Jean est mort le 27 janvier, à Olonne sur mer, dans cette Vendée qui l’avait vu naitre il y a quatre-vingt-seize ans.

En 1999, dans les cahiers de la revue Prévenir, il avait livré quelques éléments de sa biographie : je suis Vendéen, né en 1920 à la Roche-sur-Yon, d’une famille d’origine très modeste, artisans, paysans, très ancrés dans le Poitou-Vendée. Mon père était employé des chemins de fer, franc-maçon et j’ai commencé mes études de médecine à Nantes, en 1939, par vocation. J’avais toujours voulu être médecin. J’ai du les interrompre en 1943, car la Gestapo est venue pour m’arrêter et j’ai du filer. J’étais lié à différentes organisations résistantes. Militant du mouvement des Auberges de Jeunesse, Jean utilise cette couverture pour aider les réfractaires au STO, leur procurer de faux papiers et les exfiltrer vers les réseaux de résistance. Il est finalement arrêté en 1944 et déporté au camp de Neuengamme d’où il sortira en 1945. Il achève ses études de médecine en 1947 et trouve un poste au dispensaire municipal du Blanc-Mesnil en 1948.

Singulière aventure que celle de la santé dans les municipalités ouvrières de la périphérie de Paris, où des maires précurseurs, soucieux de l’intérêt général, conseillés par les médecins salariés qu’ils avaient recrutés, ont développé des services dans presque tous ses champs. Comme l’a dit l’historien Lion Murard, du CNRS, à propos des institutions sanitaires françaises depuis le 19° siècle chaque fois les vrais acteurs auront été les villes qui toujours eurent l’initiative de l’invention et obligèrent à la longue la puissance publique à thésauriser le résultat de leurs efforts .

Dans ce domaine Blanc-Mesnil a aussi apporté à l’Histoire. Jean Reigner était le disciple de Robert Henri Hazemann théoricien de la santé publique, formé aux Etats Unis, créateur en France du concept de centre de santé, médecin chef des services de santé de la ville de Vitry sur Seine puis haut fonctionnaire sous divers gouvernements. Marqué par ses travaux, Jean Reigner, dans un contexte favorable, amplifie fortement le travail déjà entrepris par celui qui l’avait précédé dans la ville, le Dr Moïse Kaplan, premier médecin chef, disparu durant la seconde guerre mondiale. En 1949, le Centre médico-social du Blanc-Mesnil, en Seine et Oise, réunit la caisse locale de Sécurité sociale, les permanences des assistantes sociales, les services du dispensaires (médecine générale, service dentaire, radiologie, spécialistes divers, etc.), le centre de Protection maternelle et infantile, les examens de santé et de dépistage de la Sécurité sociale. Pour moi, confie-t-il à Dominique Durand,  le centre de santé est un établissement polyvalent, permettant la mise en place et l’essor d’une médecine moderne. L’accueil en un seul lieu, un dossier médical commun et le tiers payant. Ajoutons le travail en réseau. Le centre de santé est un outil qui permet d’améliorer l’accès aux soins pour tous. Pour les collectivités gestionnaires, le centre doit améliorer non seulement la santé des habitants de la commune mais participer à l’amélioration du bien-être des administrés au même titre que les colonies de vacances, les centres aérés. C’est pourquoi se sont développés, autour des centres, la planification familiale, où les centres ont joué un rôle pionnier, les PMI, les études de périnatalité, le dépistage des tumeurs, la préparation à l’accouchement, les programmes de santé bucco-dentaire, les consultations anti-tabac, les centres d’hygiène alimentaire et d’alcoologie, la toxicomanie.

Fort de cette expérience, Jean Reigner va s’emparer de tous les leviers possibles à l’échelon national pour défendre sa vision de la santé publique et de l’exercice médical, que ce soit les syndicats médicaux, le Comité national de Liaison des Centres de Santé, le Congrès National des Centres de santé, l’Institut Renaudot.

En effet, il ne va pas perdre de temps. Nommé Médecin chef à 28 ans, en 1948, il est élu Secrétaire général du Syndicat national des médecins de dispensaires en 1950, puis président de l’Union des syndicats de médecins de centres de santé (soins et prévention) en 1963. La même année, il organise au sein de la Confédération des syndicats médicaux français, l’Union confédérale des médecins salariés dont il sera longtemps le secrétaire général. En 1952, il crée le Comité de liaison des dispensaires et centres de santé qu’il préside jusqu’en 1991. Il fondera l’Institut Renaudot en 1982. Homme de dossiers et de synthèse, très au fait de l’actualité de la médecine dans ses mouvements internes et ses rapports avec les institutions, il est l’interlocuteur des principales organisations médicales et des pouvoirs publics. Remarquable lobbyiste, il occupe tous les terrains que la pratique qu’il défend délimite. La revue Le centre de santé, lancée en 1954, puis les Congrès nationaux des médecins de dispensaires et centres de santé, à partir de 1961, véhiculeront sa pensée et celle de l’équipe réunie autour de lui ; ce seront aussi des lieux de débat sur la médecine et son avenir. Le Syndicat, le Comité de liaison constituent indéniablement une école dont il est le chef de file incontesté.

 Je n’ai jamais eu de vocation pour la médecine libérale, le paiement à l’acte ne me plaisait pas confiait-il à Dominique Durand le 16 février 1999. Fort de ses liens avec le professeur Marc Nédélec, autre nantais résistant, et théoricien de la médecine de groupe, Jean Reigner a pensé que les centres de santé pouvaient être une alternative à la médecine libérale telle que l’avait définie la charte de 1927. N’allons nous pas assister à une substitution de la médecine d’équipe gérée par une collectivité publique ou privée, avec tiers payant et rémunération fixe, à la médecine individuelle avec entente directe et rémunération individuelle ? se demande-t-il en introduction au premier congrès du Syndicat des médecins de centres de santé. L’année suivante, en 1962,  en conclusion du 2° congrès national, sur le thème « La médecine de groupe et d’équipe dans le cadre des centres de santé » il en vient à une vision moins radicale : la période qui précédait les ordonnances de 1960 est donc close…La concurrence entre la médecine libérale et la médecine exercée en centres de soins gérés par les collectivités se fera donc sur le plan de la qualité des soins et même tendra à disparaître, compte tenu de l’aspect complémentaire des centres de santé par rapport aux praticiens et même aux cabinets de groupe ou d’équipe. 

Structures alternatives ou complémentaires ? La question n’a pas cessé de se poser. Elle va délimiter les positions respectives des médecins des Centres de santé municipaux et celle des médecins des Centres mutualistes dont le leadership est assumé par Jean François Rey. Pour celui-ci, d’entrée de jeu, les centres de santé des Bouches-du-Rhône se sont construits avec l’ambition de proposer une alternative globale à l’exercice libéral de la médecine, tout en conservant, de cette pratique, les fondements qui en ont fait la valeur…le secret médical et le libre choix du médecin par son patient. Pragmatique, connaissant bien la sensibilité des élus aux équilibres locaux et fréquentant la frange la plus progressiste des médecins libéraux de la CSMF, comme Jacques Monier ou William Junod, Jean Reigner ne plaidera pas l’affrontement. Il opte pour la complémentarité des Centres de santé municipaux, laissant la permanence et la continuité des soins aux dispositifs ad hoc, essentiellement assurés par l’hôpital et le secteur libéral. En ce sens, il se rapproche des idées de Robert Henri Hazemann sur l’Hygiène Sociale des Villes et de la position de Fernand Goulène, médecin chef du Centre de santé d’Argenteuil pour lequel, les relations entre l’hôpital de secteur et le Centre de santé préfigurent le noyau de l’organisation sanitaire de demain, avec un hôpital central et des polycliniques décentralisées où seront assurées les investigations cliniques et les soins pour les malades ambulatoires. Les options des mutualistes des Bouches-du-Rhône sont plus en adéquation à ce moment, avec ce que proposera la déclaration d’Alma Ata de 1978 : les soins de santé primaires, compris comme étant à la fois un programme d’actions, un échelon de soins, une stratégie de réorganisation des systèmes de santé et une philosophie de la santé orientée vers la justice sociale. Jean Reigner n’était pas dupe cependant de la fragilité d’établissements gérés par des communes dont les compétences en santé restent limitées. Il l’évoque dans l’interview de 1999 : dans mon esprit, j’en arrive à me demander si la formule actuelle et règlementaire des centres de santé dépendant de municipalités est la mieux adaptée ? Ne faudrait-il pas aller vers une formule donnant plus d’autonomie fonctionnelle aux centres ? 

Mais il y a plusieurs demeures dans la maison du père. Au sein du Comité de liaison, avec son art de la synthèse, Jean Reigner va rassembler des acteurs aussi différents que sont les animateurs des Centres de santé municipaux, mutualistes ou associatifs, aux fins d’être les interlocuteurs incontournables des pouvoirs publics pour la reconnaissance des établissements et de leurs missions, et l’octroi des moyens nécessaires à celles-ci. Les arguments mis en avant sont la complémentarité, voire la subsidiarité territoriales, l’accès aux soins facilité par le tiers payant, l’unité de lieu, le dossier médical unique, le salariat des praticiens, l’offre globale de soins de qualité, de première et de seconde ligne, d’activités préventives et d’éducation pour la santé, les économies induites. La pugnacité et la constance dans l’action finiront par porter leurs fruits : à partir de la loi du 3 janvier 1985 qui supprime les abattements de tarif qui frappaient les dispensaires depuis 1960, une série de textes reconnaissent les Centres de santé et les encadrent.

En 1982, Jean Reigner crée l’Institut Théophraste Renaudot, le pendant de l’Institut de recherche appliquée en prévention et économie de la santé (IRAPES), créé par les mutualistes de Provence. Initialement il s’agissait de susciter, voire de conduire des recherches en médecine sociale et d’assurer de la formation. Ce n’est que plus tard que l’Institut Renaudot, sous la présidence de Marc Schoene s’attachera particulièrement à la santé communautaire.

En 1985, il prend sa retraite de médecin directeur de la ville du Blanc-Mesnil, tout en continuant d’assumer ses responsabilités au sein du Comité national de liaison qu’il quittera en 1991.

 

Que retenir de l’œuvre de Jean Reigner ? Il aura été médecin, politique et stratège. Si sa vision d’un système de santé est celle d’un planificateur, très inspiré des travaux d’Hazemann et de son expérience urbaine, il est ouvert à d’autres idées, aux promoteurs desquelles il s’allie. Il est à l’origine du cadre institutionnel dans lequel évoluent aujourd’hui les Centres de santé en France, par la mise en place d’organes de concertation et de pression que sont les syndicats, le Comité de liaison, le Congrès national, la revue Le centre de santé, l’Institut Renaudot, et par l’obtention de textes légaux et règlementaires qui codifient la pratique. Il aura été un syndicaliste, portant les combats au sein même de la profession, défendant avec d’autres le salariat médical devant des praticiens libéraux hostiles, arcboutés sur une conception très crispée de l’indépendance professionnelle.

 

Très discret sur sa vie en dehors du travail, Jean Reigner aimait à se retrouver chez lui, dans sa belle maison dessinée par André Lurçat, en bordure de la forêt de Montmorency. Il se livrait là à l’entretien de son domaine, au jardinage, à la lecture.

Il aura survécu à son épouse Geneviève, à ses compagnons de route, Etienne Gatineau Saillant, Georges Godier, Lazar Katz dit Victor Lafitte, Claude Meyroune, Aline Pagès, Jean François Rey, Elsa Rustin.

Jean Reigner était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite, croix du combattant volontaire de la Résistance, croix du combattant, médaille de la Résistance française, médaillé de la déportation pour faits de Résistance.

 

A ses filles, Marianne et Sylvie, nous disons toute notre émotion et notre sympathie.

 

     Joël Le Corre

Successeur de Jean Reigner au Blanc-Mesnil (de 1985 à 2008)

FEDEFORMA/ 23 juin 2017 / Session de DPC médical : quelle prise en charge du psychotraumatisme dans les centres de santé en 2017 ?

Les équipes pluri-professionnelles de soins primaires en centres de santé agissent quotidiennement au plus près de tous les citoyens et citoyennes afin de maintenir et d’améliorer leur état de santé somatique et psychique. Tout au long de son existence, chaque personne peut être exposée à des évènements traumatisants, qu’il s’agisse d’agression individuelle violente, notamment sexuelle, d’accident de la voie publique, de catastrophe naturelle… Aussi, l’actualité récente nous rappelle régulièrement combien les individus peuvent être exposés en masse à des situations de traumatisme collectif sans parler des mouvements migratoires sans précédents observés ces derniers mois par des personnes fuyant la guerre et ou la torture.

Lors de ces évènements traumatisants, la personne est confrontée brutalement à une situation de menace d’anéantissement pour lui-même, ses proches ou pour autrui. Il est envahi par un sentiment de frayeur, d’horreur et d’impuissance. La sidération ou parfois l’agitation, laissent place ensuite au vide, aux ruminations anxieuses, à l’hypervigilance,  autant de difficultés que l’individu pourra rencontrer dans son quotidien selon ses capacités adaptatives mais aussi de sa prise en charge initiale. En effet, l’évolution du psycho traumatisme est variable avec d’autant moins de troubles psychiques chronicisés et invalidants que l’individu aura été pris en charge précocement par des professionnels de santé formés au psychotraumatisme.

La prise en charge initiale psychologique des évènements traumatisants de grande ampleur est aujourd’hui bien organisée par l’intervention précoce sur site des Cellules d’Urgence Médico Psychologique (CUMP), déclenchées par le SAMU. Cependant, les victimes plus éloignées de ces évènements, pour lesquels le traumatisme raisonne pourtant violemment, ou encore les traumatismes individuels récents ou plus anciens ne sont pas directement concernés par ce dispositif.  Parfois, la présentation des troubles psychiques peut également revêtir l’aspect de plaintes multiples d’ordre psychosomatique. D’autre fois, les motifs de consultations sont plutôt d’ordre administratif (certificat médical initial, arrêt maladie, etc…).

Les équipes pluri-professionnelles des centres de santé, infirmières et médecins généralistes, acteurs du premiers recours, sont directement accessibles par tous, notamment lorsqu’un évènement potentiellement psychotraumatisant a été subi. Comment repérer ces situations liées à un psychotraumatisme récent ou ancien? Quelle prise en charge initiale proposer aux patients victimes de psychotraumatisme afin de ne pas laisser s’installer et évoluer un psychotraumatisme sans prise en charge adaptée?

La prise en charge initiale du psychotraumatisme n’est que trop peu abordée dans la formation initiale des soignants alors qu’elle détermine pourtant l’évolution ultérieure de celui-ci. C’est la raison pour laquelle, la FNFCEPPCS ou Fédéforma (organisme de formation des professionnels en centre de santé agréé DPC) organise cette année une formation à la prise en charge initiale du psychotraumatisme pour les médecins généralistes des centres de santé. A cette occasion, nous aurons la chance d’accueillir un expert de grande qualité, le Pr Thierry BAUBET, chef du service de psychiatrie et de psychopathologie de l’hôpital Avicenne APHP (93). Le Pr Thierry BAUBET est un spécialiste du psychotraumatisme, responsable de la CUMP 93 et réalise une consultation hebdomadaire dédiée aux psychotraumatismes et à la psychiatrie transculturelle. Le programme complet de cette journée de formation est disponible sur le site fedeforma.org, rubrique « Nos formations », « Formation médicale ».

 

En 2017, pour que dans tous les centres de santé, un médecin généraliste soit formé à la prise en charge initiale des psychotraumatismes, donnons-nous rendez-vous le vendredi 23 juin 2017 pour une formation DPC intégralement indemnisée!  Nous vous attendons très nombreux pour relever ce défi ! Inscrivez-vous maintenant sur mondpc.fr (formation n° 23681700013, session 1).

Détail action : https://www.agencedpc.fr/formations-dpc-rechercher-un-dpc

Show Buttons
Hide Buttons
Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com