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Les formations 2019 de la FNFCEPPCS (Fedeforma) sont en ligne !

Vous trouverez ci joint  le programme des formations de la Fédération de formation des centres de santé ( FNFCEPPCS*/ Fedeforma) dédiées aux professionnels des centres pour l’année 2019.
Vous y trouverez les thématiques, les dates et les coûts de nos formations, dans l’attente du catalogue détaillé qui sera publié ultérieurement.
 
La FNFCEPPCS propose des formations dispensées dans le cadre du Développement Professionnel Continu (DPC), mais également des formations hors DPC.

Pour le DPC, la FNFCEPPCS / Fedeforma  est une association agréée par l’Agence Nationale du DPC (sous le n° 2368) pour former des médecins, des kinésithérapeutes, des infirmières et des chirurgiens-dentistes de centres de santé.

Pour s’inscrire ou se pré-inscrire aux actions de DPC, rien de plus simple, il suffit de remplir la fiche d’inscription  ci dessous. Pour les actions qui ne sont encore publiée sur le site de l’ANDPC, l’association procédera aux inscriptions officielles avec les identifiants praticiens (RPPS ou Adéli) dès que cela sera possible.

Pour les formations qui ne relèvent pas du DPC, merci de contacter pour toute demande de renseignements ou pour obtenir la fiche d’inscription dédiée : 

Madame Isabelle HAVARD
Chargée de mission Fnfceppcs/ Fédéforma

Contact :
fnfceppcs@gmail.com
i.havard@yahoo.fr
01 41 17 48 0

FNFCEPPCS_Programme-formations-2019 (1)

FNFCEPPCS-modalites et fiche d’inscription DPC-2019 (1)

 

*Fédération Nationale de Formation et d’Evaluation des Pratiques Professionnelles des Centres de Santé

SPPIR : Soins Primaires Pluriprofessionnels Innovation Recherche / Retrouvez les actes du séminaire

DÉVELOPPER LA RECHERCHE DANS LE DOMAINE DES SOINS PRIMAIRES : QUELLES QUESTIONS ? QUELLES APPROCHES ?

Actes du séminaire de travail multidisciplinaire et interprofessionnel
Jeudi 11 et vendredi 12 janvier 2018

Retrouvez les en suivant ce lien http://ijfr.fr/wp-content/uploads/2019/03/Actes-SPPIR-02-2019-min.pdf

Extrait de l’avant propos

Les systèmes de santé fondés après 1945 sur la solidarité collective et la protection sociale sont aujourd’hui confrontés à de multiples tensions : démographiques, épidémiologiques, et économiques qui sont pour partie les effets de leurs formidables succès. Les progrès des sciences biomédicales soutenus par la capacité à les financer et les rendre accessibles au plus grand nombre allongent la vie avec les maladies en limitant les incapacités, sans toutefois réduire les inégalités entre groupes sociaux. Permettre à chacun d’entre nous vivant sur le territoire français de naître, grandir et vivre en bonne santé et de pouvoir accéder aux soins adaptés en fonction de ses besoins constitue un idéal toujours d’actualité et fondateur de notre vivre ensemble. Mais l’actualisation et la soutenabilité de ces principes de solidarité et de fraternité dans le domaine de la santé nécessitent des évolutions importantes des pratiques, des rôles et des organisations de soins ce qui questionne de nombreux acteurs du système de santé. La stratégie de transformation du système de santé présentée en septembre 2018 met notamment l’accent sur « la structuration des
soins de proximité… la priorité des priorités. Car c’est de ce levier essentiel que dépendent beaucoup des réponses aux tensions que nous connaissons. Il y a aujourd’hui consensus sur la nécessité de soutenir, renforcer et adapter les nouvelles organisations en santé comme les maisons de santé, les centres de santé, l’exercice en équipe afin de permettre aux acteurs sociaux et médicaux de la ville et de l’hôpital de mieux articuler leurs réponses aux besoins de santé de la population des territoires sur lesquels ils exercent, en concertation avec les usagers du système.


Plusieurs travaux ont montré que ces organisations pluriprofessionnelles constituent des lieux d’élaboration de nouvelles pratiques en facilitant l’exercice collectif. Elles participent à la construction d’expérimentations visant à tester de nouvelles modalités de financement et de rémunération. Certaines d’entre elles accueillent aujourd’hui des enseignants chercheurs en médecine générale et potentiellement demain des enseignants chercheurs d’autres disciplines. Le label universitaire des maisons et des centres de santé pluriprofessionnels est en cours de déploiement. Enfin, ces organisations constituent également des points d’appui à l’organisation des soins à l’échelon territorial et des lieux de formation pour les futurs professionnels en soins primaires.
….
L’association SPP-IR (Soins Primaires Pluriprofessionnels Innovation Recherche) s’est constituée pour contribuer au développement d’un écosystème de recherche pour faciliter le croisement de savoirs entre des acteurs de mondes différents : professionnels, décideurs, chercheurs et représentants d’usagers et de patients. Notre objectif est de faciliter l’émergence de questions pertinentes et de configurations de travail permettant d’y répondre.

Le séminaire des 11 et 12 janvier 2018 représente une étape importante de ce projet que nous savons de long terme et que nous poursuivons en 2019. Le succès de la participation comme l’implication de tous et la qualité des échanges nous ont confirmé l’intérêt de publier les actes de ces deux journées dans une version détaillée qui donnera lieu à des synthèses et publications ultérieures. Chaque responsable de table ronde et d’atelier a assuré la retranscription et la synthèse des arguments des ateliers, des interventions, des échanges et des restitutions synthétiques en séances plénières. Les interventions miroirs (regards croisés) à la fin de chaque journée comme les interventions des experts étrangers ont bénéficié d’une retranscription professionnelle. Chaque intervenant a pu valider son intervention retranscrite telle que présentée dans le document. Nous remercions chacun pour sa contribution au séminaire et à sa valorisation, qui nous permet d’en élargir l’audience.

L’engagement des patients comme acteurs de la santé primaire

Yannick Ruelle, Médecin généraliste, Centre municipal de santé de Pantin, Département universitaire de médecine générale, UFR SMBH, Paris 13, Laboratoire éducations et pratiques de santé (EA3412), Université Paris 13

Olivia Gross, Docteur en santé publique, chercheuse en sciences de l’éducation, Laboratoire éducations et pratiques de santé (EA3412), Université Paris 13

 

La démocratie en santé est définie comme la participation individuelle et collective des usagers du système de santé. Sur le plan collectif, il s’agit d’encourager leur participation aux actions et mesures de santé, pour en améliorer la qualité. Les politiques qui s’y adossent remontent aux années 70. Elles ont en particulier été largement promues par l’Organisation Mondiale de la Santé[1],[2],[3]. En France, les droits collectifs des malades ont trouvé leur première traduction réglementaire par la loi du 04 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Actuellement, l’engagement des usagers tend à déborder de ce premier cadre, sous l’effet d’incitations multiples, notamment politiques et institutionnelles.

Cet article a pour objectif de faire un tour d’horizon de la manière dont les patients peuvent s’engager au sein du système de santé et, plus spécifiquement, au sein des structures de santé primaire.

 Les « savoirs patients »

De leurs expériences du système de santé, chaque patient a construit des savoirs qui déterminent ce que l’on peut attendre des usages en termes d’engagement[4],[5]

Ces savoirs peuvent se classer en trois grandes catégories : les savoirs expérientiels, les savoirs situés et les savoirs sachants.

Les savoirs expérientiels sont directement tirés de l’expérience. Ils peuvent être implicites, utiles pour soi-même (ex : le patient diabétique sait que l’injection d’insuline, toujours au même endroit, va avoir des conséquences néfastes), ou explicites, transmissibles à autrui (ex : le même patient diabétique peut expliquer ceci à un autre patient).

Les savoirs situés correspondent à un certain niveau de théorisation, auquel les patients accèdent collectivement. Ce sont des savoirs collectifs, qui traduisent des prises de position collective des patients construites à partir de leurs expériences communes et souvent en référence à des normes exogènes. Cette forme de « perspective patient » se développe donc au sein de communautés de patients plus ou moins larges (associations, groupes internet, groupe de travail…). Ils offrent la possibilité d’influence sur le monde (ex : le patient diabétique peut transmettre aux soignants la nécessité d’intégrer la « perspective patient » lors de la prescription d’insuline).

Les savoirs sachants sont orientés vers la production de connaissance (ex : un patient diabétique peut participer, comme membre de comités de recherche ou de commissions institutionnelles à des travaux sur les modalités de prescription de l’insuline).

 Les modalités possibles d’engagement

Du colloque singulier à un engagement collectif, ces savoirs peuvent être convoqués dans différentes formes d’engagement.

 La relation soignant-patient

Intégrer la « perspective patient » dans la relation, c’est passer d’un patient objet à un patient sujet. Ceci peut se faire en adoptant une posture holistique, prenant en compte le patient dans sa globalité, selon le modèle bio-psycho-social de Engel[6]. Le patient n’est ainsi plus envisagé selon ses seuls déterminants biomédicaux. Il aide le soignant à passer du diagnostic au diagnostic de situation. Parallèlement, les décisions prises peuvent convoquer l’evidence-based medicine (EBM). Très largement dévoyée depuis, elle avait été définie par Sackett non comme la seule prise en compte de données scientifiques, mais comme un processus de décision déterminé, certes par la science, mais aussi par l’expertise du patient et celle du soignant[7]. Ce processus a abouti à l’approche centrée sur le patient puis, plus récemment, à la décision partagée en santé, utilisable à chaque fois qu’il existe plusieurs alternatives raisonnables pour une décision, ou en situation d’incertitude, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

 L’engagement au sein d’un lieu de santé primaire

Le premier niveau d’engagement du patient en dehors de la relation habituelle de soin peut être sollicité en recueillant sa satisfaction. Dans ce processus, le patient reste cependant souvent passif, puisque sollicité par les soignants sous forme très fermée (questionnaire de satisfaction) et surtout plein de présupposés, à commencer par celui de leur satisfaction.  D’où l’émergence de questionnaires d’expérience qui permettent de qualifier cette dernière en l’objectivant afin d’en tirer des actions correctrices[8].

Cet engagement peut prendre une forme plus active par la formalisation de comités d’usagers. Rendus obligatoires au sein des établissements de santé (alors qu’ils concernent des soins secondaires voire tertiaires), ils ont été « oubliés » par le législateur au sein des soins primaires. Ils restent donc facultatifs, très peu développés et souvent liés à la seule défense des structures[9]. Pourtant, ils sont particulièrement pertinents pour améliorer la qualité des soins primaires : au Royaume-Uni, depuis 2015, toutes les maisons de santé se sont dotées de tels comités. Comme on peut le déduire des fiches de mission de ces comités, il est attendu que les usagers qui les composent donnent leur avis « d’ami critique », animent des groupes de parole, encouragent les patients à s’impliquer dans leurs soins, leur procurent du soutien, contribuent à améliorer leur littératie en santé, mettent en œuvre des recherches qu’ils orientent en fonction des attentes des usagers, organisent des levées de fond, des actions de promotion de la santé.

De plus, il reste à penser en France, au niveau des soins primaires, le circuit des plaintes et réclamations : force est de constater que sur ce plan, les soins primaires sont les oubliés de la démocratie en santé.

 L’engagement au sein du territoire

Les difficultés liées au parcours de santé sont pléthore et les acteurs de soins primaires en ont bien conscience. Mais qui, mieux que les patients, connaissent les réalités des obstacles de ces parcours ? Cette expérience doit pouvoir trouver des espaces où s’exprimer, pour que des solutions structurelles puissent être trouvées.

Sur le plan plus conjoncturel, les anglo-saxons ont développés depuis de nombreuses années des navigateurs, infirmiers ou usagers, qui, en lien avec des structures de santé, aident les patients les plus en difficulté avec le système de santé à accéder aux soins, à comprendre les informations médicales complexes, à respecter les rendez-vous, à composer avec le stress de la maladie, à se procurer une assurance maladie, à prendre leurs médicaments, à rester en contact avec les soignants. La navigation reste peu développée en France. Toutefois, il émerge, en lien avec quelques centres de santé (Place Santé à Saint-Denis ou Case de Santé à Toulouse, par exemple) des médiateurs de santé dont c’est le rôle. 

 L’engagement au sein de la formation et de la recherche

Les patients peuvent s’engager dans plusieurs dimensions de la formation. Nombre d’entre eux interviennent comme co-concepteurs, co-formateurs, co-évaluateurs, dans le cadre de l’éducation thérapeutique des patients (ETP). Aussi, la Haute Autorité de santé les mentionne systématiquement comme membres de l’équipe de l’ETP et comme participants à ces différentes tâches[10].

La formation initiale et continue des professionnels de santé est également concernée. Ainsi, à Paris 13 par exemple, des patients-enseignants recrutés pour leurs savoirs situés interviennent quasi-systématiquement au sein des enseignements des internes de médecine générale[11], comme au sein des jurys du DES.

Se développe aussi l’engagement des patients au sein des programmes de recherche, non seulement comme sources d’informations, mais aussi comme partie prenante des équipes de recherche, notamment comme enquêteurs-pairs. D’ailleurs, au niveau des congrès et des revues scientifiques des labels « patients » existent pour valoriser les travaux de recherche et leurs publications qui impliquent des patients dans leur conception, leur réalisation et leur diffusion.

 Conclusion

Les soins primaires sont en pleine mutation : nouvelles organisations du travail, nouveaux métiers, développement de la recherche. Les patients peuvent prendre toute leur part à cette mutation, à condition que les professionnels comprennent ce qu’ils peuvent en attendre et apprennent à collaborer avec eux de manière qu’ils se sentent utiles, ce qui est le facteur clé de leur engagement.

 

[1] Organisation mondiale de la santé. Déclaration d’Alma-Ata sur les soins de santé primaires. Genève : OMS, 1978. Disponible sur : https://www.who.int/topics/primary_health_care/alma_ata_declaration/fr/ [consulté le 20 janvier 2019].

[2] Organisation mondiale de la santé. Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé. Genève : OMS, 1986. Disponible sur : http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0003/129675/Ottawa_Charter_F.pdf [consulté le 20 janvier 2019].

[3] Conférence mondiale sur les droits de l’homme. Déclaration et programme d’action de Vienne. New-York : ONU, 1993. Dissponible sur : https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G93/142/34/PDF/G9314234.pdf?OpenElement [consulté le 20 janvier 2019].

[4] Gross O. L’engagement des patients au service du système de santé. Montrouge : Doin, 2017.

[5] Gross O. La médecine générale au défi de la démocratie en santé. Médecine 2017;13:462-5.

[6] Engel GL. The clinical application of the biopsychosocial model. Am J Psychiatry 1980;137:535-44.

[7] Sackett DL, Rosenberg WM. The need for evidence-based medicine. J R Soc Med 1995;88:620-4.

[8] Haute Autorité de santé. Rapport Expérience Patient – avril 2011. Saint-Denis La Plaine : HAS, 2011. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1055814/fr/rapport-experience-patient-avril-2011 [consulté le 20 janvier 2019].

[9] Raymond R, Borgia A, Ruelle Y. User committees within health centres. Soins 2017;62:43-45.

[10] Haute Autorité de santé. Indicateurs dans le champ de l’éducation thérapeutique du patient. Saint-Denis La Plaine : HAS, 2014. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-06/indicateurs_etp_v2.pdf [consulté le 20 janvier 2019].

[11] Gross O, Ruelle Y, Sannié T, et al. Un département universitaire de médecine générale au défi de la démocratie en santé : la formation d’internes de médecine générale par des patients-enseignants. Revue française des affaires sociales 2017;1:61-78.

Les professionnels des centres de santé et les risques psychosociaux… Les cordonniers mal chaussés ?

Par Régine Raymond, Directrice administrative et financière de la Santé Publique de la Ville d’Aubervilliers ( Seine Saint Denis), Présidente de la FNFCEPPCS , Docteur en Sciences de l’Education

Aujourd’hui, en France, il n’existe pas de définition juridique des risques psycho-sociaux (RPS). Toutefois, il y a un consensus autour du cadre proposé par le Collège d’expertise constitué en 2008 par l’INSEE, à la demande du Ministère du Travail. Il est ainsi proposé de regrouper sous la notion de RPS, « les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’agir avec le fonctionnement mental ».

Les facteurs à l’origine des RPS sont connus et sont plurifactoriels :

  • Les exigences du travail et son organisation : degré d’autonomie dans le travail, degré d’exigence au travail en matière de qualité et de délais, vigilance et concentration requises, injonctions contradictoires…
  • Le management et les relations de travail : nature et qualité des relations avec les collègues, les supérieurs, reconnaissance, rémunération, justice organisationnelle
  • La prise en compte des valeurs et attentes des salariés : développement des compétences, équilibre entre vie professionnelle et vie privée, conflits d’éthique ;
  • Les changements du travail : conception des changements de tout ordre, nouvelles technologies, insécurité de l’emploi, restructurations …

Ainsi, lorsqu’on évoque les RPS, il est souvent fait référence au stress, au « burn-out », aux relations de travail difficiles, au management négligeant le facteur humain et à toutes les formes de violences. Il est à noter que seuls, le stress, le harcèlement moral et sexuel et la violence au travail, font l’objet de mesures conventionnelles et législatives spécifiques.

Les RPS ont une incidence avérée sur l’état de santé des individus exposés et peuvent être à l’origine d’un vécu douloureux souvent inexpliqué (manque de sommeil, perturbations alimentaires, sensation d’épuisement, d’isolement, d’incompétence, perte de confiance, d’estime de soi…) ou d’un ensemble de pathologies (troubles musculo-squelettiques, ulcères, hypertension, infarctus, troubles hormonaux…).

Un fois ce cadre rapidement posé, la question se pose du rapport entre les RPS et les professionnels des centres de santé.

Le lien est à la fois simple et complexe.

Les professionnels des centres de santé sont amenés à recevoir, accompagner, conseiller, soigner les personnes exposées aux RPS et/ou souffrant des pathologies associées. Mais alors qu’ils accueillent cette souffrance spécifique au travail, ils peuvent eux-mêmes y être exposés.

Il n’existe pas d’étude spécifique sur l’exposition des professionnels des centres de santé aux RPS mais un constat général met en lumière un vécu émotionnel douloureux des conditions de travail.

La question de l’agressivité des patients est récurrente (avec un écho particulier chez les personnels administratifs en charge de l’accueil). D’autre part, la complexité grandissante à accompagner des patients de plus en plus précaires avec des moyens de moins en moins adaptés, n’est pas sans conséquences sur les conditions d’accompagnement.

Le travail en équipe est entendu comme un point fort du travail en centre de santé car il permet de croiser les regards et les expériences. Mais le vécu d’équipe est complexe car il nécessite, par exemple, de conjuguer des individualités parfois difficilement compatibles, ce qui est source de tensions relationnelles importantes.

Par ailleurs, les échanges entre soignants et administratifs demeurent marqués par une hiérarchie forte qui ne permet pas toujours de valoriser la place de chacun au sein de la structure.

Enfin, la question de la distance ressentie (ou réelle) entre les équipes de direction et les agents de la structure est vécue comme une source de tensions qui semble concourir au sentiment d’isolement évoqué par tous… Alors même que, de leur côté, les équipes de direction mettent en avant la difficulté à répondre aux exigences de leur propre hiérarchie tout en satisfaisant aux demandes des professionnels, les deux étant souvent incompatibles.

Tout cela entretient, chez les professionnels des centres de santé, le sentiment d’agir dans un cadre qu’ils ne comprennent pas ou qui ne correspond pas à leurs valeurs.  Un sentiment fort de non-reconnaissance de la réalité et de la qualité de leur travail s’ajoute à ce ressenti.

Le collectif est partiellement aidant mais l’épuisement professionnel et la démotivation sont là, en témoigne l’absentéisme croissant.

Quelles solutions peut-on imaginer ? En réalité, cette question n’a pas vraiment de réponses toutes faites.

On peut supposer qu’une réflexion est nécessaire autour du renforcement du collectif comme levier d’amélioration des pratiques et du bien-être au travail, avec un travail autour de la définition de valeurs communes par exemple.

Une transparence et une meilleure fluidité de circulation de l’information permettraient également de comprendre les enjeux propres à chaque professionnel.

Par ailleurs, l’accompagnement des professionnels dans la mise en lumière de l’originalité de leur trajectoire, de la reconnaissance de leurs compétences et de la définition de perspectives, pourrait également contribuer à redonner du sens à leur activité… et donc à renforcer leur motivation.

Il semble également indispensable d’accompagner les structures dans le déploiement d’actions de prévention et de repérage de la souffrance au travail, notamment avec les services de santé et de sécurité au travail ou encore avec les CHSCT.

Et bien évidemment, l’octroi de moyens supplémentaires pour répondre à la détresse sociale concourrait à réduire le sentiment d’inefficacité des professionnels, même si cet aspect ne peut être dé-corrélé d’un travail interne à chaque structure, afin de réduire le mal-être ressenti par les professionnels.

Autant de pistes (dont la liste n’est évidemment pas exhaustive) qui semblent finalement couler de source… mais qui demeurent pourtant bien complexes à mettre en œuvre, dans une réalité quotidienne où l’urgence semble être le maître mot. En témoignent les expérimentations déjà menées, tels que des groupes d’échanges annulés faute de participants motivés, ou parce qu’il n’est pas toujours évident de fermer la structure, pour permettre à tous d’y participer.

 

Les Centres de Planification et d’Education Familiale intégrés dans les Centres de Santé : un modèle qui a fait ses preuves.

Dr Lydia Caillaud, Médecin Généraliste, DU de Gynécologie Médicale et d’ Obstétrique, CMS de Pantin et de Pavillons sous bois

Avant tout, il est bon de rappeler quelques éléments du Code de Santé Publique:

  • Article L2311, les Centres de Planification et d’Education Familiale (CPEF) : ils assurent des consultations de contraception, des actions individuelles et collectives de prévention portant sur la sexualité et l’éducation familiale, des entretiens préalables à l’interruption volontaire de grossesse et des entretiens relatifs à la régulation des naissances dans les suites d’une interruption volontaire de grossesse. Ils organisent en outre des séances de préparation à la vie de couple et à la fonction parentale, et des entretiens de conseil conjugal. Les centres de planification ou d’éducation familiale délivrent à titre gratuit des médicaments ou objets contraceptifs aux mineurs désirant garder le secret ainsi qu’aux personnes ne bénéficiant pas de prestations maladie, assurées par un régime légal ou réglementaire. Enfin, ils peuvent réaliser des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par mode médicamenteux (jusqu’à 5 semaines de grossesse, soit 7 semaines d’aménorrhée).  Les centres de planification ou d’éducation familiale sont autorisés à délivrer, à titre gratuit, des médicaments, produits ou objets contraceptifs, aux mineurs désirant garder le secret ainsi qu’aux personnes ne bénéficiant pas de prestations maladie, assurées par un régime légal ou réglementaire. Dans ces cas, les frais d’examens de biologie médicale ordonnés en vue de prescriptions contraceptives sont supportés par les centres de planification ou d’éducation familiale.
  • Article L 6323-1, les centres de santé : ce sont des structures sanitaires de proximité, de premier recours, dispensant des soins en ambulatoire. Outre la dispense de soins, ils mènent également des actions de santé publique, de prévention, d’éducation pour la santé, d’éducation thérapeutique des patients et des actions sociales.

Les CPEF sont habituellement rattachés aux services départementaux de PMI (Protection Maternelle et Infantile) et gérés par ceux-ci.  Mais devant l’évidente complémentarité des CPEF et des centres de santé, l’idée de mettre en œuvre une coopération renforcée dans le cadre d’un modèle intégré est apparue très tôt comme prometteuse d’une synergie pour un service plus efficace et plus adapté aux besoins des usagères et des usagers.

C’est ce qui a été réalisé dans de nombreux centres de santé, en particulier en Ile de France. Ainsi, depuis plus de 30 ans, à Pantin, commune du département de Seine Saint Denis, une convention a été signée entre la municipalité et le conseil départemental : le CPEF est  intégré au sein des différents centres municipaux de santé ( CMS).

La municipalité reçoit donc un financement du département pour mettre en place des actions de soins et des actions de prévention au sein même de ses locaux et hors les murs.

Sur le territoire pantinois les CPEF sont donc accessibles aussi bien dans les centres de PMI que dans les CMS.

Pouvoir être reçu par une sage-femme, une conseillère conjugale ou un médecin assurant des consultations de gynécologie est tout à fait possible en PMI. C’est d’ailleurs la mission première des PMI et leur accessibilité est évidente si on connait l’existence du dispositif. Mais bon nombre de personnes ne le connaissent pas.

Pouvoir être reçu par ces mêmes professionnels au sein d’un CMS présente des avantages : franchir le seuil de la PMI n’est pas toujours facile. Par exemple une jeune fille peut venir poser des questions autour de la sexualité, rencontrer sa voisine qui ne manquerait pas de relater à sa mère sa présence à la PMI. Dans la salle d’attente du CMS elle peut prétendre être là pour une banale angine. Discrétion et confidentialité sont respectées.

En venant consulter au CMS pour un autre motif les patients peuvent découvrir l’existence de ces consultations dédiées.

Le dispositif intégré dans les CMS est assuré par les professionnels du centre. Il n’y a pas de fléchage vers des professionnels spécifiques. Toutes les secrétaires, infirmières, médecins et la conseillère conjugale sont formés et font partie prenante du dispositif.

Les consultations en CPEF sont, comme le prévoit la loi, gratuites pour les mineurs qui le demandent et pour les usagers sans droit ; elles peuvent être anonymes pour les mineurs ( filles et garçons) et les majeurs qui le souhaitent.

Par exemple une femme mariée peut choisir de consulter pour la pose d’un dispositif intra-utérin à l’insu de son mari. En consultant par le biais du PF le mari ne recevra pas le décompte de la CPAM.

De même, une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse bien que prise en charge à 100% pour toutes les femmes ayant une couverture sociale pourrait être révélée à un proche si le décompte de la sécurité sociale tombait entre ses mains.

Des actions d’information, de prévention, des groupes de parole sont régulièrement animés par les professionnels tout au long de l’année ( souvent par binôme infirmière/ médecin) dans nos structures et hors les murs ( collèges, lycées, le Lab’ ( espace jeune 16-25 ans), les associations de quartiers…).

Au fil des années le maillage ainsi que les partenariats s’étoffent. C’est une richesse pour l’ensemble des professionnels des CMS. La meilleure connaissance des institutions, des partenaires municipaux ou associatifs permet une prise en charge plus adaptée, multi professionnelle pour des situations parfois complexes. Le réseau de lutte contre les violences faites aux femmes (composé de professionnels pantinois volontaires de différents horizons) en est un exemple concret.

En conclusion, un CPEF intégré dans un ou des centres de santé est incontestablement un atout pour tous, et d’abord pour les femmes, qui participe à garantir leur droit à accéder à la contraception, à l’IVG ou simplement, à une information sur la sexualité. Une évidence !!

 

 

 

 

 

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