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Vers une coopération intégrée entre centres de santé et hôpitaux ? Dr Alain Beaupin

Depuis quelque temps l’idée de gérer des centres de santé sous forme coopérative fait son chemin. Dans le contexte réglementaire actuel, c’est le statut de Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui retient l’attention. Quelle pourrait être la place de l’hôpital dans de telles coopératives gérant des centres de santé ? Le débat est ouvert.

Dans le modèle habituel, les services organisés délivrant des soins primaires, c’est à dire les centres de santé ou les maisons de santé, sont régis par un seul type d’acteur. Les centres de santé municipaux, sans personnalité morale, sont des services de la Mairie au sein de laquelle le patron est le Maire.

Il en va de même pour les centres de santé mutualistes, les centres de santé gérés par une CPAM ou par un régime spécial de sécurité sociale, comme le régime des mines par exemple. La gouvernance y est assurée par un seul organisme. Les centres de santé hospitaliers, plus rares dans le paysage, obéissent à la même règle, selon laquelle c’est le directeur de l’hôpital qui, en dernier ressort, en est le responsable.

Par rapport à toute autre solution, le modèle habituel, qu’il soit municipal, assurantiel ou hospitalier présente l’avantage de disposer d’une gouvernance bien identifiée et efficace. Dans les maisons de santé libérales le pouvoir est là aussi aux mains d’un seul acteur, le corps médical et paramédical libéral, dont chaque membre cumule un rôle d’entrepreneur et un rôle de professionnel.

Au cas par cas, il arrive que des acteurs secondaires soient associés au gestionnaire principal, selon des modalités variables. Par exemple, un centre de santé municipal dont la gestion a été confiée par le Maire à une caisse primaire de sécurité sociale. Ou encore une municipalité mettant à disposition d’une maison de santé libérale des fonctions support (locaux, secrétariat). Directement ou bien à travers une structure porteuse dans laquelle elle est minoritaire. Il arrive aussi qu’un hôpital à but non lucratif, soucieux d’attirer une patientelle induisant pour lui-même de l’activité hospitalière, et donc des recettes, se dote d’une association dont il a la maîtrise, et dont la fonction est de gérer un ou plusieurs centres de santé.

Quelle que soit la variante observée, par rapport au modèle habituel, il serait sans doute excessif d’évoquer une forme de gouvernance coopérative, et d’ailleurs aucune de ces formes n’est présentée comme telle par ses promoteurs.

Il faut saluer l’initiative de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France qui a souhaité faire le point sur les possibilités de gestion d’un centre de santé par un établissement de santé dans une étude récemment parue (1). Cette étude balaye l’ensemble des modalités qui pourraient s’offrir à un hôpital, public ou privé à but non lucratif, pour gérer un centre de santé. La gestion directe par un établissement de santé public est naturellement possible. L’exemple du Centre de santé créé dans les quartiers Nord de Marseille par l’Hôpital Edouard-Toulouse a été présenté par son directeur lors de la table ronde d’ouverture du 56ème Congrès des centres de santé, en octobre dernier. Cette expérience répond à une logique territoriale de soins de proximité, ainsi qu’à certains besoins de personnes prises en charge pour des pathologies psychiatriques. En Ile-de France, deux établissements gérant des centres de santé ont participé à l’étude diligentée par l’ARS, l’hôpital d’Houdan (78), en gestion directe, et l’Hôpital privé à but non lucratif (ESPIC) Saint-Joseph à Paris, gérant des centres de santé par l’intermédiaire d’une association.

La gestion directe d’un centre de santé par un hôpital est naturellement possible, la Loi le prévoit. Le rapport envisage également, et c’est son originalité, cinq formes juridiques d’organisation susceptibles d’être retenues pour gérer un centre de santé : Groupement de Coopération Sanitaire de moyens (GCS), Groupement d’Intérêt Public (GIP), Groupement d’Intérêt Economique (GIE), Association, Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). A lire l’analyse, à laquelle nous renverrons le lecteur pour plus de détails, seules deux formes juridiques, l’association et la SCIC, sont réellement adaptées à la gestion d’un centre de santé sous forme indirecte. Ce rapport contribue ainsi à alimenter la réflexion sur les modes d’organisation des soins primaires. Il s’inscrit dans la recherche de formes innovantes pour améliorer l’articulation entre soins de ville et soins hospitaliers, dans des logiques de parcours et de prise en charge des maladies chroniques. Il invite à aller plus loin, à mettre en place des parcours intégrés entre la ville et l’hôpital, y compris en matière de prévention et de réadaptation, associant usagers, professionnels, collectivités locales, sécurité sociale, et mutuelles, des mutuelles recentrées sur leur action sociale. Quelques points de vigilance, cependant. Inefficient et inégalitaire, l’hospitalocentrisme est désormais tombé en désuétude, et il est illusoire d’imaginer le recycler pour penser l’avenir des soins de ville. Qui plus est, comme le déclare Frédéric Valletoux, le président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) « la situation de l’hôpital public en France est inédite. L’hôpital est vraiment en situation de burn out. On a épuisé la machine, les organisations et les hommes. Le système est à bout de souffle (2). » Le vrai débat est là. Recentrage du système sur le patient et son expérience de vie, maladies chroniques, parcours de santé, prévention, indépendance par rapport aux lobbies industriels, il faudra bien en arriver à libérer le système de santé français de ces règles budgétaires cloisonnées, archaiques, étouffantes. Et pour tout dire nuisibles à la solidarité et à l’égalité.

Alain BEAUPIN

1 Etude et analyse des conditions favorables à la gestion d’un centre de santé par un établissement de santé, ( 2 parties: Rapport et Référentiel juridique), ARS Ile-de-France, décembre 2016

2 Le JDD, 29 janvier 2017

 

FEDEFORMA/ 23 juin 2017 / Session de DPC médical : quelle prise en charge du psychotraumatisme dans les centres de santé en 2017 ?

Les équipes pluri-professionnelles de soins primaires en centres de santé agissent quotidiennement au plus près de tous les citoyens et citoyennes afin de maintenir et d’améliorer leur état de santé somatique et psychique. Tout au long de son existence, chaque personne peut être exposée à des évènements traumatisants, qu’il s’agisse d’agression individuelle violente, notamment sexuelle, d’accident de la voie publique, de catastrophe naturelle… Aussi, l’actualité récente nous rappelle régulièrement combien les individus peuvent être exposés en masse à des situations de traumatisme collectif sans parler des mouvements migratoires sans précédents observés ces derniers mois par des personnes fuyant la guerre et ou la torture.

Lors de ces évènements traumatisants, la personne est confrontée brutalement à une situation de menace d’anéantissement pour lui-même, ses proches ou pour autrui. Il est envahi par un sentiment de frayeur, d’horreur et d’impuissance. La sidération ou parfois l’agitation, laissent place ensuite au vide, aux ruminations anxieuses, à l’hypervigilance,  autant de difficultés que l’individu pourra rencontrer dans son quotidien selon ses capacités adaptatives mais aussi de sa prise en charge initiale. En effet, l’évolution du psycho traumatisme est variable avec d’autant moins de troubles psychiques chronicisés et invalidants que l’individu aura été pris en charge précocement par des professionnels de santé formés au psychotraumatisme.

La prise en charge initiale psychologique des évènements traumatisants de grande ampleur est aujourd’hui bien organisée par l’intervention précoce sur site des Cellules d’Urgence Médico Psychologique (CUMP), déclenchées par le SAMU. Cependant, les victimes plus éloignées de ces évènements, pour lesquels le traumatisme raisonne pourtant violemment, ou encore les traumatismes individuels récents ou plus anciens ne sont pas directement concernés par ce dispositif.  Parfois, la présentation des troubles psychiques peut également revêtir l’aspect de plaintes multiples d’ordre psychosomatique. D’autre fois, les motifs de consultations sont plutôt d’ordre administratif (certificat médical initial, arrêt maladie, etc…).

Les équipes pluri-professionnelles des centres de santé, infirmières et médecins généralistes, acteurs du premiers recours, sont directement accessibles par tous, notamment lorsqu’un évènement potentiellement psychotraumatisant a été subi. Comment repérer ces situations liées à un psychotraumatisme récent ou ancien? Quelle prise en charge initiale proposer aux patients victimes de psychotraumatisme afin de ne pas laisser s’installer et évoluer un psychotraumatisme sans prise en charge adaptée?

La prise en charge initiale du psychotraumatisme n’est que trop peu abordée dans la formation initiale des soignants alors qu’elle détermine pourtant l’évolution ultérieure de celui-ci. C’est la raison pour laquelle, la FNFCEPPCS ou Fédéforma (organisme de formation des professionnels en centre de santé agréé DPC) organise cette année une formation à la prise en charge initiale du psychotraumatisme pour les médecins généralistes des centres de santé. A cette occasion, nous aurons la chance d’accueillir un expert de grande qualité, le Pr Thierry BAUBET, chef du service de psychiatrie et de psychopathologie de l’hôpital Avicenne APHP (93). Le Pr Thierry BAUBET est un spécialiste du psychotraumatisme, responsable de la CUMP 93 et réalise une consultation hebdomadaire dédiée aux psychotraumatismes et à la psychiatrie transculturelle. Le programme complet de cette journée de formation est disponible sur le site fedeforma.org, rubrique « Nos formations », « Formation médicale ».

 

En 2017, pour que dans tous les centres de santé, un médecin généraliste soit formé à la prise en charge initiale des psychotraumatismes, donnons-nous rendez-vous le vendredi 23 juin 2017 pour une formation DPC intégralement indemnisée!  Nous vous attendons très nombreux pour relever ce défi ! Inscrivez-vous maintenant sur mondpc.fr (formation n° 23681700013, session 1).

Détail action : https://www.agencedpc.fr/formations-dpc-rechercher-un-dpc

J- 15 ! 56ème Congrès des Centres de Santé 2016 : le programme complet est arrivé. Inscrivez vous jusqu’au 4 octobre 2016!!!

Congrès 2016

Le  Congrès National des Centres de Santé se tiendra à l’A.S.I.E.M, 6 Rue Albert de Lapparent à PARIS (75007) le jeudi 6 et le vendredi 7 octobre 2016. 

 « Le centre de santé, l’innovation et la solidarité au service de tous»

C’est Madame Anne Marie Armenteras de Saxcé, Directrice Générale de la Direction Générale de l’Offre de Soins

qui ouvrira nos travaux le jeudi 6 octobre. 

Puis, débats,  tables rondes, communications et ateliers se succéderont pendant deux jours pour témoigner du dynamisme et de la pertinence des centres de santé mais aussi pour traiter des nombreuses questions qui sont posées après l’adoption de la loi de modernisation de notre système de santé et après neuf mois de mise en œuvre du nouvel Accord National des centres de santé. 

Comme vous le verrez, le programme du congrès est particulièrement riche. Les ateliers, communications, débats traiteront de tous les champs d’intervention des centres de santé ( soins, prévention, santé publique, enseignement, recherche, innovation …). Et tous les acteurs des centres et leurs partenaires ( hôpital, services médico sociaux, université, institutions, professionnels de santé libéraux) seront appelés à y témoigner, y échanger et y débattre.

Cette année, de nombreux intervenants de tous pays ( Canada, Belgique, Sénégal, Espagne, Suisse, Italie…) seront présents et présenteront leurs expériences en centres de santé ou dans d’autres structures.

Enfin comme chaque année, la journée des Centres de Planification et d’Education Familiale, se tiendra le vendredi 7 octobre l’après midi. Elle sera animée par le Dr Emmanuelle Piet.

 Alors n’hésitez pas, inscrivez vous vite !

 Vous remerciant pour votre participation, à très bientôt au Congrès !

 Le Comité d’Organisation du Congrès

 Lydia Caillaud, Alain Brémaud, Alain Beaupin, Richard Lopez, Louise Rossignol, Guirec Loyer, Didier Duhot, Régine Raymond, Grégory Lemoine, Martine Dame, Lan Phuong Dinh Do, Sylvain Paquet, Claire Terra, Frédéric Villebrun, Emmanuelle Piet, Edouard Jean Baptiste, Yannick Ruelle, Julien Le Breton, Eric May.

Téléchargez 

programme-complet-du-congres-des-centres-de-sante-def-2016

Bulletin d’inscription congrès des centres de santé 2016

Découvrez le programme du 56eme Congrès National des Centres de santé, 6 et 7 octobre 2016 à Paris !

Le 56ème Congrès National des Centres de Santé

se tiendra à l’A.S.I.E.M, 6 Rue Albert de Lapparent à PARIS (75007)

le jeudi 6 et le vendredi 7 octobre 2016. 

Son thème sera:

« Le centre de santé, l’innovation et la solidarité au service de tous»

 

Le Congrès National des Centres de Santé sera le rendez-vous de la rentrée à ne pas manquer.  Il réunira plus de 600 représentants des centres de santé de toutes les régions, médecins, infirmier(e)s, kinésithérapeutes, chirurgiens dentistes, élu-e-s, promoteurs, directions des centres et personnels administratifs mais aussi de nombreux autres acteurs de la santé. 

Madame Marisol Touraine, Ministre de la Santé, est attendue le jeudi 7 octobre pour ouvrir ce 56ème congrès. 

Puis, débats,  tables rondes, communications et ateliers se succéderont pendant deux jours pour témoigner du dynamisme et de la pertinence des centres de santé mais aussi pour traiter des nombreuses questions qui sont posées après l’adoption de la loi de modernisation de notre système de santé et après neuf mois de mise en œuvre du nouvel Accord National des centres de santé. 

Ainsi le jeudi, deux tables rondes se succéderont le matin et l’après midi :   

· La première de 9h30 à 12h00, « Le virage ambulatoire » traitera des enjeux pour les usagers, les professionnels de santé et les institutions des transformations de l’organisation des soins face au développement des maladies chroniques et de la chirurgie sans hospitalisation. 

· Puis la seconde, « Tiers payant : actualité, état des lieux, évolutions attendues par les centres de santé » examinera, de 14h30 à 17h00, les conséquences de Loi de Modernisation de notre Système de Santé et de sa mesure phare, la généralisation du tiers payant.   

 Puis, la table ronde organisée par la Fédération Nationale des Centres de Santé« Accord National, Loi de Santé, et après ? » clôturera le congrès avec entre autres invités, Madame Anne Marie Armenteras de Saxce, Directrice Générale de la Direction Générale de l’Offre de Soins. 

Le congrès, ce seront aussi des dizaines de communications et débats, d’ateliers et de formations que vous trouverez décrites dans le programme ci joint.

Enfin comme chaque année, la journée des Centres de Planification et d’Education Familiale, se tiendra le vendredi 7 octobre l’après midi. Elle sera animée par le Dr Emmanuelle Piet. 

 Vous trouverez ci dessous le programme complet de ce 56eme congrès des centres de santé accompagné du bulletin d’inscription.

Téléchargez les et inscrivez vous sans plus tarder !!!!

A très bientot !

Le Comité d’Organisation du Congrès

 Lydia Caillaud, Alain Brémaud, Alain Beaupin, Richard Lopez, Cédric Cheymol, Guirec Loyer, Didier Duhot, Régine Raymond, Grégory Lemoine, Martine Dame, Lan Phuong Dinh Do, Sylvain Paquet, Claire Terra, Frédéric Villebrun, Emmanuelle Piet, Edouard Jean Baptiste, Yannick Ruelle, Julien Le Breton, Eric May.

 

Congrès 2016    Le programme du 56eme Congrès National des Centres de Santé

pdf-icon  Le bulletin d’inscription

L’INTERVIEW : présentation de l’INSTITUT JEAN-FRANCOIS REY par le DR HELENE COLOMBANI, présidente.

Dr Hélène Colombani bonjour, et merci beaucoup d’avoir accepté cette interview.

Tout d’abord, permettez-moi de présenter un résumé de votre riche parcours.

 Vous êtes spécialisée en médecine Générale et en Santé Publique. Directrice de la Santé de la ville Nanterre, des centres de santé municipaux polyvalents. Secrétaire Générale de la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS) depuis 2011. Vous siégez au bureau de la Conférence de territoire des Hauts de Seine. Depuis 2014, vous représentez la FNCS dans l’EFPC (European Forum for Primary Care), au sein de l’Advisory boarding.

Vous œuvrez pour une approche globale des soins primaires et de la prévention, afin de favoriser le bien être de tous les patients et de lutter contre les Inégalité Sociales et Territoriales de Santé.

Et depuis peu, vous avez été élue Présidente de l’Institut Jean-François Rey pour promouvoir la recherche en soins primaires dans les centres de santé.

Pouvez-vous nous dire maintenant ce qu’est le tout nouvel Institut Jean-François Rey?

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L’Institut Jean-François Rey a pour objet de développer des recherches spécifiques aux centres de santé. Les organisations de soins pluri-professionnelles se développent, et sont des lieux d’innovation et de structuration du système de soins ambulatoires à partir des initiatives de professionnels et d’acteurs locaux. Les gestionnaires (la Fédération nationale des centres de santé FNCS) et les professionnels (L’Union syndicale des médecins de centres de santé) avec le soutien de la FNFCEPPCS ont décidé conjointement de développer, rendre visible cette expertise des centres de santé dans le cadre d’un exercice regroupé et coordonné des soins et impliquant les différents professionnels qui y travaillent.

Quelles en sont plus précisément les missions ?

  • Soutenir et impulser des projets de recherche au niveau des centres ou associant plusieurs centres
  • L’Institut Jean-François Rey favorisera les liens entre les chercheurs, les utilisateurs et les bénéficiaires.
  • Il favorisera la structuration du système d’information des centres de santé : une base essentielle dans le développement de projets de recherche
  • Il favorisera également l’instauration d’une culture d’investigation scientifique dans nos centres notamment dans le cadre du développement professionnel continu des cliniciens impliqués dans leurs activités

L’étudeEPIDAURE-CDS, réalisée entre 2008 et 2011 par l’IRDES dans 21 centres de santé polyvalents, a été une première étude de grande ampleur qui a montré que les centres de santé savaient se mobiliser pour la recherche. Cette étude a mis en évidence leurs spécificités structurelles, les caractéristiques sociales, économiques et démographiques des patients pris en charge, notamment la proportion élevée de personnes socialement vulnérables

Cependant suite à cette étude, leurs promoteurs ont réalisé que beaucoup de sujets restent à étudier et peuvent faire l’objet de recherches. Par exemple, l’importance du mode d’organisation des centres de santé dans la réduction des Inégalités de santé :

-Quel est l’impact de l’organisation multi professionnelle regroupée et ce qu’elle implique en termes d’organisation et de pratiques professionnelles associant des métiers multiples, l’intégration d’acteurs médicaux et sociaux et cela en lien avec le territoire ?

-Y a-t-il déjà un projet de recherche en cours ?

Depuis plusieurs mois nous travaillons à un nouveau projet Epidaure 2 dans le cadre d’un groupe de pilotage.

Nous souhaitons, dans cette étude, tester l’apport des centres de sante dans l’accès aux soins préventifs secondaires (dépistage, suivi des maladies chroniques.). Notamment l’impact organisationnel (exercice regroupé et coordonné des soins) dans l’accès à la prévention. Il est admis que l’amélioration de l’accès à ceux ci est l’un des éléments qui participe à la réduction de l’inégalité sociale et territoriale d’accès aux soins. Nous accueillons des populations plus vulnérables, comme l’a montré Epidaure 1 : arrivons-nous du fait de notre organisation à favoriser leur accès à des soins préventifs ?

L’objectif sera donc d’étudier l’accès aux soins préventifs des patientèles des centres de santé selon leurs caractéristiques cliniques et sociales et de les comparer à une population témoin puis d’analyser les facteurs expliquant ces différences au regard des pratiques des médecins, de l’organisation des équipes en interne et leur articulation avec l’environnement afin de dégager des leviers d’action généralisables pour réduire les inégalités sociales de santé en soins primaires.

Nous avons déposé, début mars, un dossier de demande de financement PREPS (pour les projets de recherche sur les soins et l’offre de soins) auprès de la DGOS. Une trentaine de centres de santé s’est déjà portés volontaires pour cette étude.

En attendant la réponse, nous travaillons déjà à favoriser les conditions de mise en œuvre de ce projet, notamment à la structuration et consolidation du système d’information des centres de santé.

-Pourquoi le choix du nom Jean-François Rey?

Il témoigne de la volonté de rendre hommage à celui qui inspira le mouvement des Centres de santé : Le Dr Jean-François Rey fondateur des centres de santé mutualistes de Bouche du Rhône a dès 1950 posé les principes de la médecine d’équipe. Il a encouragé des démarches novatrices : les limites de la seule approche clinique et la nécessaire prise en compte des déterminants de santé  pour une approche globale, les conditions de vie et de travail jouant un rôle majeur dans la santé des individus , rendant nécessaire une articulation des soins et de la prévention dans une démarche ancrée sur le territoire. De même il a impulsé une vision du médecin ayant une responsabilité sociale. Son apport a aussi été déterminant dans la suppression du lien d’argent entre le patient et le malade.

Un esprit sans cesse en mouvement, dans une  recherche permanente de ce qui pouvait améliorer la santé des individus et diminuer les inégalités de santé. C’est le sens que l’on souhaite donner à Institut de Recherche pour les centres de santé.

Dr Colombani, merci beaucoup pour vos propos passionnants. En conclusion,  les centres de santé se dotent d’un nouvel outil riche de promesses. Leurs équipes vont, à coup sûr, s’en emparer et guetter avec intérêt le lancement de l’étude Epidaure 2.

 

usmcs-congres-2015-29

Dr Claire Meignan, Médecin généraliste dans les centres de santé des villes d’Orly et de Vitry.

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