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Disparition du Dr Jean Reigner, visionnaire et fondateur du mouvement des Centres de Santé

Jean Reigner (1920-2017)

Cela fait bien longtemps que Jean Reigner n’arpentait plus, de sa silhouette élégante et austère, les travées des congrès nationaux des centres de santé. Jean est mort le 27 janvier, à Olonne sur mer, dans cette Vendée qui l’avait vu naitre il y a quatre-vingt-seize ans.

En 1999, dans les cahiers de la revue Prévenir, il avait livré quelques éléments de sa biographie : je suis Vendéen, né en 1920 à la Roche-sur-Yon, d’une famille d’origine très modeste, artisans, paysans, très ancrés dans le Poitou-Vendée. Mon père était employé des chemins de fer, franc-maçon et j’ai commencé mes études de médecine à Nantes, en 1939, par vocation. J’avais toujours voulu être médecin. J’ai du les interrompre en 1943, car la Gestapo est venue pour m’arrêter et j’ai du filer. J’étais lié à différentes organisations résistantes. Militant du mouvement des Auberges de Jeunesse, Jean utilise cette couverture pour aider les réfractaires au STO, leur procurer de faux papiers et les exfiltrer vers les réseaux de résistance. Il est finalement arrêté en 1944 et déporté au camp de Neuengamme d’où il sortira en 1945. Il achève ses études de médecine en 1947 et trouve un poste au dispensaire municipal du Blanc-Mesnil en 1948.

Singulière aventure que celle de la santé dans les municipalités ouvrières de la périphérie de Paris, où des maires précurseurs, soucieux de l’intérêt général, conseillés par les médecins salariés qu’ils avaient recrutés, ont développé des services dans presque tous ses champs. Comme l’a dit l’historien Lion Murard, du CNRS, à propos des institutions sanitaires françaises depuis le 19° siècle chaque fois les vrais acteurs auront été les villes qui toujours eurent l’initiative de l’invention et obligèrent à la longue la puissance publique à thésauriser le résultat de leurs efforts .

Dans ce domaine Blanc-Mesnil a aussi apporté à l’Histoire. Jean Reigner était le disciple de Robert Henri Hazemann théoricien de la santé publique, formé aux Etats Unis, créateur en France du concept de centre de santé, médecin chef des services de santé de la ville de Vitry sur Seine puis haut fonctionnaire sous divers gouvernements. Marqué par ses travaux, Jean Reigner, dans un contexte favorable, amplifie fortement le travail déjà entrepris par celui qui l’avait précédé dans la ville, le Dr Moïse Kaplan, premier médecin chef, disparu durant la seconde guerre mondiale. En 1949, le Centre médico-social du Blanc-Mesnil, en Seine et Oise, réunit la caisse locale de Sécurité sociale, les permanences des assistantes sociales, les services du dispensaires (médecine générale, service dentaire, radiologie, spécialistes divers, etc.), le centre de Protection maternelle et infantile, les examens de santé et de dépistage de la Sécurité sociale. Pour moi, confie-t-il à Dominique Durand,  le centre de santé est un établissement polyvalent, permettant la mise en place et l’essor d’une médecine moderne. L’accueil en un seul lieu, un dossier médical commun et le tiers payant. Ajoutons le travail en réseau. Le centre de santé est un outil qui permet d’améliorer l’accès aux soins pour tous. Pour les collectivités gestionnaires, le centre doit améliorer non seulement la santé des habitants de la commune mais participer à l’amélioration du bien-être des administrés au même titre que les colonies de vacances, les centres aérés. C’est pourquoi se sont développés, autour des centres, la planification familiale, où les centres ont joué un rôle pionnier, les PMI, les études de périnatalité, le dépistage des tumeurs, la préparation à l’accouchement, les programmes de santé bucco-dentaire, les consultations anti-tabac, les centres d’hygiène alimentaire et d’alcoologie, la toxicomanie.

Fort de cette expérience, Jean Reigner va s’emparer de tous les leviers possibles à l’échelon national pour défendre sa vision de la santé publique et de l’exercice médical, que ce soit les syndicats médicaux, le Comité national de Liaison des Centres de Santé, le Congrès National des Centres de santé, l’Institut Renaudot.

En effet, il ne va pas perdre de temps. Nommé Médecin chef à 28 ans, en 1948, il est élu Secrétaire général du Syndicat national des médecins de dispensaires en 1950, puis président de l’Union des syndicats de médecins de centres de santé (soins et prévention) en 1963. La même année, il organise au sein de la Confédération des syndicats médicaux français, l’Union confédérale des médecins salariés dont il sera longtemps le secrétaire général. En 1952, il crée le Comité de liaison des dispensaires et centres de santé qu’il préside jusqu’en 1991. Il fondera l’Institut Renaudot en 1982. Homme de dossiers et de synthèse, très au fait de l’actualité de la médecine dans ses mouvements internes et ses rapports avec les institutions, il est l’interlocuteur des principales organisations médicales et des pouvoirs publics. Remarquable lobbyiste, il occupe tous les terrains que la pratique qu’il défend délimite. La revue Le centre de santé, lancée en 1954, puis les Congrès nationaux des médecins de dispensaires et centres de santé, à partir de 1961, véhiculeront sa pensée et celle de l’équipe réunie autour de lui ; ce seront aussi des lieux de débat sur la médecine et son avenir. Le Syndicat, le Comité de liaison constituent indéniablement une école dont il est le chef de file incontesté.

 Je n’ai jamais eu de vocation pour la médecine libérale, le paiement à l’acte ne me plaisait pas confiait-il à Dominique Durand le 16 février 1999. Fort de ses liens avec le professeur Marc Nédélec, autre nantais résistant, et théoricien de la médecine de groupe, Jean Reigner a pensé que les centres de santé pouvaient être une alternative à la médecine libérale telle que l’avait définie la charte de 1927. N’allons nous pas assister à une substitution de la médecine d’équipe gérée par une collectivité publique ou privée, avec tiers payant et rémunération fixe, à la médecine individuelle avec entente directe et rémunération individuelle ? se demande-t-il en introduction au premier congrès du Syndicat des médecins de centres de santé. L’année suivante, en 1962,  en conclusion du 2° congrès national, sur le thème « La médecine de groupe et d’équipe dans le cadre des centres de santé » il en vient à une vision moins radicale : la période qui précédait les ordonnances de 1960 est donc close…La concurrence entre la médecine libérale et la médecine exercée en centres de soins gérés par les collectivités se fera donc sur le plan de la qualité des soins et même tendra à disparaître, compte tenu de l’aspect complémentaire des centres de santé par rapport aux praticiens et même aux cabinets de groupe ou d’équipe. 

Structures alternatives ou complémentaires ? La question n’a pas cessé de se poser. Elle va délimiter les positions respectives des médecins des Centres de santé municipaux et celle des médecins des Centres mutualistes dont le leadership est assumé par Jean François Rey. Pour celui-ci, d’entrée de jeu, les centres de santé des Bouches-du-Rhône se sont construits avec l’ambition de proposer une alternative globale à l’exercice libéral de la médecine, tout en conservant, de cette pratique, les fondements qui en ont fait la valeur…le secret médical et le libre choix du médecin par son patient. Pragmatique, connaissant bien la sensibilité des élus aux équilibres locaux et fréquentant la frange la plus progressiste des médecins libéraux de la CSMF, comme Jacques Monier ou William Junod, Jean Reigner ne plaidera pas l’affrontement. Il opte pour la complémentarité des Centres de santé municipaux, laissant la permanence et la continuité des soins aux dispositifs ad hoc, essentiellement assurés par l’hôpital et le secteur libéral. En ce sens, il se rapproche des idées de Robert Henri Hazemann sur l’Hygiène Sociale des Villes et de la position de Fernand Goulène, médecin chef du Centre de santé d’Argenteuil pour lequel, les relations entre l’hôpital de secteur et le Centre de santé préfigurent le noyau de l’organisation sanitaire de demain, avec un hôpital central et des polycliniques décentralisées où seront assurées les investigations cliniques et les soins pour les malades ambulatoires. Les options des mutualistes des Bouches-du-Rhône sont plus en adéquation à ce moment, avec ce que proposera la déclaration d’Alma Ata de 1978 : les soins de santé primaires, compris comme étant à la fois un programme d’actions, un échelon de soins, une stratégie de réorganisation des systèmes de santé et une philosophie de la santé orientée vers la justice sociale. Jean Reigner n’était pas dupe cependant de la fragilité d’établissements gérés par des communes dont les compétences en santé restent limitées. Il l’évoque dans l’interview de 1999 : dans mon esprit, j’en arrive à me demander si la formule actuelle et règlementaire des centres de santé dépendant de municipalités est la mieux adaptée ? Ne faudrait-il pas aller vers une formule donnant plus d’autonomie fonctionnelle aux centres ? 

Mais il y a plusieurs demeures dans la maison du père. Au sein du Comité de liaison, avec son art de la synthèse, Jean Reigner va rassembler des acteurs aussi différents que sont les animateurs des Centres de santé municipaux, mutualistes ou associatifs, aux fins d’être les interlocuteurs incontournables des pouvoirs publics pour la reconnaissance des établissements et de leurs missions, et l’octroi des moyens nécessaires à celles-ci. Les arguments mis en avant sont la complémentarité, voire la subsidiarité territoriales, l’accès aux soins facilité par le tiers payant, l’unité de lieu, le dossier médical unique, le salariat des praticiens, l’offre globale de soins de qualité, de première et de seconde ligne, d’activités préventives et d’éducation pour la santé, les économies induites. La pugnacité et la constance dans l’action finiront par porter leurs fruits : à partir de la loi du 3 janvier 1985 qui supprime les abattements de tarif qui frappaient les dispensaires depuis 1960, une série de textes reconnaissent les Centres de santé et les encadrent.

En 1982, Jean Reigner crée l’Institut Théophraste Renaudot, le pendant de l’Institut de recherche appliquée en prévention et économie de la santé (IRAPES), créé par les mutualistes de Provence. Initialement il s’agissait de susciter, voire de conduire des recherches en médecine sociale et d’assurer de la formation. Ce n’est que plus tard que l’Institut Renaudot, sous la présidence de Marc Schoene s’attachera particulièrement à la santé communautaire.

En 1985, il prend sa retraite de médecin directeur de la ville du Blanc-Mesnil, tout en continuant d’assumer ses responsabilités au sein du Comité national de liaison qu’il quittera en 1991.

 

Que retenir de l’œuvre de Jean Reigner ? Il aura été médecin, politique et stratège. Si sa vision d’un système de santé est celle d’un planificateur, très inspiré des travaux d’Hazemann et de son expérience urbaine, il est ouvert à d’autres idées, aux promoteurs desquelles il s’allie. Il est à l’origine du cadre institutionnel dans lequel évoluent aujourd’hui les Centres de santé en France, par la mise en place d’organes de concertation et de pression que sont les syndicats, le Comité de liaison, le Congrès national, la revue Le centre de santé, l’Institut Renaudot, et par l’obtention de textes légaux et règlementaires qui codifient la pratique. Il aura été un syndicaliste, portant les combats au sein même de la profession, défendant avec d’autres le salariat médical devant des praticiens libéraux hostiles, arcboutés sur une conception très crispée de l’indépendance professionnelle.

 

Très discret sur sa vie en dehors du travail, Jean Reigner aimait à se retrouver chez lui, dans sa belle maison dessinée par André Lurçat, en bordure de la forêt de Montmorency. Il se livrait là à l’entretien de son domaine, au jardinage, à la lecture.

Il aura survécu à son épouse Geneviève, à ses compagnons de route, Etienne Gatineau Saillant, Georges Godier, Lazar Katz dit Victor Lafitte, Claude Meyroune, Aline Pagès, Jean François Rey, Elsa Rustin.

Jean Reigner était chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite, croix du combattant volontaire de la Résistance, croix du combattant, médaille de la Résistance française, médaillé de la déportation pour faits de Résistance.

 

A ses filles, Marianne et Sylvie, nous disons toute notre émotion et notre sympathie.

 

     Joël Le Corre

Successeur de Jean Reigner au Blanc-Mesnil (de 1985 à 2008)

FEDEFORMA/ 23 juin 2017 / Session de DPC médical : quelle prise en charge du psychotraumatisme dans les centres de santé en 2017 ?

Les équipes pluri-professionnelles de soins primaires en centres de santé agissent quotidiennement au plus près de tous les citoyens et citoyennes afin de maintenir et d’améliorer leur état de santé somatique et psychique. Tout au long de son existence, chaque personne peut être exposée à des évènements traumatisants, qu’il s’agisse d’agression individuelle violente, notamment sexuelle, d’accident de la voie publique, de catastrophe naturelle… Aussi, l’actualité récente nous rappelle régulièrement combien les individus peuvent être exposés en masse à des situations de traumatisme collectif sans parler des mouvements migratoires sans précédents observés ces derniers mois par des personnes fuyant la guerre et ou la torture.

Lors de ces évènements traumatisants, la personne est confrontée brutalement à une situation de menace d’anéantissement pour lui-même, ses proches ou pour autrui. Il est envahi par un sentiment de frayeur, d’horreur et d’impuissance. La sidération ou parfois l’agitation, laissent place ensuite au vide, aux ruminations anxieuses, à l’hypervigilance,  autant de difficultés que l’individu pourra rencontrer dans son quotidien selon ses capacités adaptatives mais aussi de sa prise en charge initiale. En effet, l’évolution du psycho traumatisme est variable avec d’autant moins de troubles psychiques chronicisés et invalidants que l’individu aura été pris en charge précocement par des professionnels de santé formés au psychotraumatisme.

La prise en charge initiale psychologique des évènements traumatisants de grande ampleur est aujourd’hui bien organisée par l’intervention précoce sur site des Cellules d’Urgence Médico Psychologique (CUMP), déclenchées par le SAMU. Cependant, les victimes plus éloignées de ces évènements, pour lesquels le traumatisme raisonne pourtant violemment, ou encore les traumatismes individuels récents ou plus anciens ne sont pas directement concernés par ce dispositif.  Parfois, la présentation des troubles psychiques peut également revêtir l’aspect de plaintes multiples d’ordre psychosomatique. D’autre fois, les motifs de consultations sont plutôt d’ordre administratif (certificat médical initial, arrêt maladie, etc…).

Les équipes pluri-professionnelles des centres de santé, infirmières et médecins généralistes, acteurs du premiers recours, sont directement accessibles par tous, notamment lorsqu’un évènement potentiellement psychotraumatisant a été subi. Comment repérer ces situations liées à un psychotraumatisme récent ou ancien? Quelle prise en charge initiale proposer aux patients victimes de psychotraumatisme afin de ne pas laisser s’installer et évoluer un psychotraumatisme sans prise en charge adaptée?

La prise en charge initiale du psychotraumatisme n’est que trop peu abordée dans la formation initiale des soignants alors qu’elle détermine pourtant l’évolution ultérieure de celui-ci. C’est la raison pour laquelle, la FNFCEPPCS ou Fédéforma (organisme de formation des professionnels en centre de santé agréé DPC) organise cette année une formation à la prise en charge initiale du psychotraumatisme pour les médecins généralistes des centres de santé. A cette occasion, nous aurons la chance d’accueillir un expert de grande qualité, le Pr Thierry BAUBET, chef du service de psychiatrie et de psychopathologie de l’hôpital Avicenne APHP (93). Le Pr Thierry BAUBET est un spécialiste du psychotraumatisme, responsable de la CUMP 93 et réalise une consultation hebdomadaire dédiée aux psychotraumatismes et à la psychiatrie transculturelle. Le programme complet de cette journée de formation est disponible sur le site fedeforma.org, rubrique « Nos formations », « Formation médicale ».

 

En 2017, pour que dans tous les centres de santé, un médecin généraliste soit formé à la prise en charge initiale des psychotraumatismes, donnons-nous rendez-vous le vendredi 23 juin 2017 pour une formation DPC intégralement indemnisée!  Nous vous attendons très nombreux pour relever ce défi ! Inscrivez-vous maintenant sur mondpc.fr (formation n° 23681700013, session 1).

Détail action : https://www.agencedpc.fr/formations-dpc-rechercher-un-dpc

J- 15 ! 56ème Congrès des Centres de Santé 2016 : le programme complet est arrivé. Inscrivez vous jusqu’au 4 octobre 2016!!!

Congrès 2016

Le  Congrès National des Centres de Santé se tiendra à l’A.S.I.E.M, 6 Rue Albert de Lapparent à PARIS (75007) le jeudi 6 et le vendredi 7 octobre 2016. 

 « Le centre de santé, l’innovation et la solidarité au service de tous»

C’est Madame Anne Marie Armenteras de Saxcé, Directrice Générale de la Direction Générale de l’Offre de Soins

qui ouvrira nos travaux le jeudi 6 octobre. 

Puis, débats,  tables rondes, communications et ateliers se succéderont pendant deux jours pour témoigner du dynamisme et de la pertinence des centres de santé mais aussi pour traiter des nombreuses questions qui sont posées après l’adoption de la loi de modernisation de notre système de santé et après neuf mois de mise en œuvre du nouvel Accord National des centres de santé. 

Comme vous le verrez, le programme du congrès est particulièrement riche. Les ateliers, communications, débats traiteront de tous les champs d’intervention des centres de santé ( soins, prévention, santé publique, enseignement, recherche, innovation …). Et tous les acteurs des centres et leurs partenaires ( hôpital, services médico sociaux, université, institutions, professionnels de santé libéraux) seront appelés à y témoigner, y échanger et y débattre.

Cette année, de nombreux intervenants de tous pays ( Canada, Belgique, Sénégal, Espagne, Suisse, Italie…) seront présents et présenteront leurs expériences en centres de santé ou dans d’autres structures.

Enfin comme chaque année, la journée des Centres de Planification et d’Education Familiale, se tiendra le vendredi 7 octobre l’après midi. Elle sera animée par le Dr Emmanuelle Piet.

 Alors n’hésitez pas, inscrivez vous vite !

 Vous remerciant pour votre participation, à très bientôt au Congrès !

 Le Comité d’Organisation du Congrès

 Lydia Caillaud, Alain Brémaud, Alain Beaupin, Richard Lopez, Louise Rossignol, Guirec Loyer, Didier Duhot, Régine Raymond, Grégory Lemoine, Martine Dame, Lan Phuong Dinh Do, Sylvain Paquet, Claire Terra, Frédéric Villebrun, Emmanuelle Piet, Edouard Jean Baptiste, Yannick Ruelle, Julien Le Breton, Eric May.

Téléchargez 

programme-complet-du-congres-des-centres-de-sante-def-2016

Bulletin d’inscription congrès des centres de santé 2016

L’INTERVIEW : présentation de l’INSTITUT JEAN-FRANCOIS REY par le DR HELENE COLOMBANI, présidente.

Dr Hélène Colombani bonjour, et merci beaucoup d’avoir accepté cette interview.

Tout d’abord, permettez-moi de présenter un résumé de votre riche parcours.

 Vous êtes spécialisée en médecine Générale et en Santé Publique. Directrice de la Santé de la ville Nanterre, des centres de santé municipaux polyvalents. Secrétaire Générale de la Fédération Nationale des Centres de Santé (FNCS) depuis 2011. Vous siégez au bureau de la Conférence de territoire des Hauts de Seine. Depuis 2014, vous représentez la FNCS dans l’EFPC (European Forum for Primary Care), au sein de l’Advisory boarding.

Vous œuvrez pour une approche globale des soins primaires et de la prévention, afin de favoriser le bien être de tous les patients et de lutter contre les Inégalité Sociales et Territoriales de Santé.

Et depuis peu, vous avez été élue Présidente de l’Institut Jean-François Rey pour promouvoir la recherche en soins primaires dans les centres de santé.

Pouvez-vous nous dire maintenant ce qu’est le tout nouvel Institut Jean-François Rey?

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L’Institut Jean-François Rey a pour objet de développer des recherches spécifiques aux centres de santé. Les organisations de soins pluri-professionnelles se développent, et sont des lieux d’innovation et de structuration du système de soins ambulatoires à partir des initiatives de professionnels et d’acteurs locaux. Les gestionnaires (la Fédération nationale des centres de santé FNCS) et les professionnels (L’Union syndicale des médecins de centres de santé) avec le soutien de la FNFCEPPCS ont décidé conjointement de développer, rendre visible cette expertise des centres de santé dans le cadre d’un exercice regroupé et coordonné des soins et impliquant les différents professionnels qui y travaillent.

Quelles en sont plus précisément les missions ?

  • Soutenir et impulser des projets de recherche au niveau des centres ou associant plusieurs centres
  • L’Institut Jean-François Rey favorisera les liens entre les chercheurs, les utilisateurs et les bénéficiaires.
  • Il favorisera la structuration du système d’information des centres de santé : une base essentielle dans le développement de projets de recherche
  • Il favorisera également l’instauration d’une culture d’investigation scientifique dans nos centres notamment dans le cadre du développement professionnel continu des cliniciens impliqués dans leurs activités

L’étudeEPIDAURE-CDS, réalisée entre 2008 et 2011 par l’IRDES dans 21 centres de santé polyvalents, a été une première étude de grande ampleur qui a montré que les centres de santé savaient se mobiliser pour la recherche. Cette étude a mis en évidence leurs spécificités structurelles, les caractéristiques sociales, économiques et démographiques des patients pris en charge, notamment la proportion élevée de personnes socialement vulnérables

Cependant suite à cette étude, leurs promoteurs ont réalisé que beaucoup de sujets restent à étudier et peuvent faire l’objet de recherches. Par exemple, l’importance du mode d’organisation des centres de santé dans la réduction des Inégalités de santé :

-Quel est l’impact de l’organisation multi professionnelle regroupée et ce qu’elle implique en termes d’organisation et de pratiques professionnelles associant des métiers multiples, l’intégration d’acteurs médicaux et sociaux et cela en lien avec le territoire ?

-Y a-t-il déjà un projet de recherche en cours ?

Depuis plusieurs mois nous travaillons à un nouveau projet Epidaure 2 dans le cadre d’un groupe de pilotage.

Nous souhaitons, dans cette étude, tester l’apport des centres de sante dans l’accès aux soins préventifs secondaires (dépistage, suivi des maladies chroniques.). Notamment l’impact organisationnel (exercice regroupé et coordonné des soins) dans l’accès à la prévention. Il est admis que l’amélioration de l’accès à ceux ci est l’un des éléments qui participe à la réduction de l’inégalité sociale et territoriale d’accès aux soins. Nous accueillons des populations plus vulnérables, comme l’a montré Epidaure 1 : arrivons-nous du fait de notre organisation à favoriser leur accès à des soins préventifs ?

L’objectif sera donc d’étudier l’accès aux soins préventifs des patientèles des centres de santé selon leurs caractéristiques cliniques et sociales et de les comparer à une population témoin puis d’analyser les facteurs expliquant ces différences au regard des pratiques des médecins, de l’organisation des équipes en interne et leur articulation avec l’environnement afin de dégager des leviers d’action généralisables pour réduire les inégalités sociales de santé en soins primaires.

Nous avons déposé, début mars, un dossier de demande de financement PREPS (pour les projets de recherche sur les soins et l’offre de soins) auprès de la DGOS. Une trentaine de centres de santé s’est déjà portés volontaires pour cette étude.

En attendant la réponse, nous travaillons déjà à favoriser les conditions de mise en œuvre de ce projet, notamment à la structuration et consolidation du système d’information des centres de santé.

-Pourquoi le choix du nom Jean-François Rey?

Il témoigne de la volonté de rendre hommage à celui qui inspira le mouvement des Centres de santé : Le Dr Jean-François Rey fondateur des centres de santé mutualistes de Bouche du Rhône a dès 1950 posé les principes de la médecine d’équipe. Il a encouragé des démarches novatrices : les limites de la seule approche clinique et la nécessaire prise en compte des déterminants de santé  pour une approche globale, les conditions de vie et de travail jouant un rôle majeur dans la santé des individus , rendant nécessaire une articulation des soins et de la prévention dans une démarche ancrée sur le territoire. De même il a impulsé une vision du médecin ayant une responsabilité sociale. Son apport a aussi été déterminant dans la suppression du lien d’argent entre le patient et le malade.

Un esprit sans cesse en mouvement, dans une  recherche permanente de ce qui pouvait améliorer la santé des individus et diminuer les inégalités de santé. C’est le sens que l’on souhaite donner à Institut de Recherche pour les centres de santé.

Dr Colombani, merci beaucoup pour vos propos passionnants. En conclusion,  les centres de santé se dotent d’un nouvel outil riche de promesses. Leurs équipes vont, à coup sûr, s’en emparer et guetter avec intérêt le lancement de l’étude Epidaure 2.

 

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Dr Claire Meignan, Médecin généraliste dans les centres de santé des villes d’Orly et de Vitry.

Créer un Centre de Santé

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Créer un centre de santé, c’est simple, efficace et économiquement soutenable !

Qui l’aurait dit et même pensé il y a encore 20 ans quand on qualifiait avec compassion  les centres  de santé de dispensaires et de gouffres financiers ?

Depuis 10 ans, lentement mais surement la démonstration a été apportée de la pertinence médicale et sociale des centres de santé mais aussi que leur modèle économique et institutionnel, certes perfectible , était plus soutenable qu’il n’avait été dit par les institutions et parfois par leurs propres promoteurs. 

Contre les Déserts Médicaux

Et au moment où la crise de la démographie médicale conjugué aux aspirations des professionnels de santé à changer de modèle d’exercice et de pratique, où la transition épidémiologique conjuguée à la crise économique et sociale, les centres de santé sont devenus des instruments de lutte redoutablement efficaces contre les déserts médicaux, en ville comme à la campagne.   

Depuis 5 ans, de plus en plus de collectivités ( communes, intercommunalités) ont franchi le pas, rejoints par des associations, en particulier d’usagers et par des établissements de santé : elles créent des centres de santé, souvent de soins primaires, intégrés aux autres services de santé du territoire, en partenariat et complémentarité avec les acteurs de santé libéraux, hospitaliers et médico-sociaux.

La Ferté Bernard, Connerré, Amplepuis, Saint Cosme en Vairais, Port la Nouvelle, La Fresnay sur Sarthe aujourd’hui, L’Huisserie en Mayenne, Chalette sur Loing, Le Mans, La Roche sur Yon demain, et bien d’autres encore… Beaucoup de ces nouveaux centres ont été accompagnés ou à tout le moins conseillés par l’Union Syndicale des Médecins des Centres de Santé.  L’USMCS a acquis une expertise qu’elle met au service bénévolement de tous les porteurs de projet: informations sur le cadre réglementaire et sur le statut des professionnels de santé salariés des centres, analyse des besoins de santé territoriaux et populationnels, définition des réponses en termes de taille d’équipes et de structure, aide à l’élaboration du modèle médico-économique  et à la rédaction des projets de santé et des règlements intérieurs, diffusion des offres d’emploi, accompagnement global….

L’Union syndicale a tissé un partenariat avec la FNCS

Pour cette mission, l’Union Syndicale a tissé un partenariat avec  la Fédération Nationale des Centres de Santé, organisation représentative des gestionnaires de centres de santé qui permet de répondre à toutes les nouvelles demandes de création de centres de santé sur tout le territoire.

L’Union travaille à une boite à outils pour les porteurs de projet qui réunira à terme toutes les informations indispensables à la bonne conduite de création d’un nouveau centre. 

En attendant vous trouverez ci dessous un premier élément de cette future boite à télécharger :

 



L’actualité des nouveaux Centres de Santé

Il n’y a pas de nouveaux articles dans cette rubrique pour le moment. Pour en savoir plus, rendez-vous dans notre Agenda de l’USMCS.

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